Jul 08 2013

«Les modèles de financement du cinéma vont évoluer»

Published by at 01:29 under PTD

SOURCE: http://www.paperjam.lu

Présenté à Cannes, The Congress, long-métrage d’animation d’Ari Folman, sortira en salles ce mercredi. Trois questions à David Grumbach, un des coproducteurs (PTD).

The Congress a fait l’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes… Quelles sont les retombées pour PTD en particulier et pour l’image du cinéma luxembourgeois en général?

«Une sélection à Cannes, ou dans un autre festival de cette importance, c’est une reconnaissance essentielle. Pour une maison de production, cela fait grimper quelques échelons dans la hiérarchie tacite des producteurs. On gagne en crédibilité parce qu’une sélection, c’est un gage de qualité, de goût et de savoir-faire. Je constate qu’il y a des retombées immédiates, à Cannes même, où l’on rencontre plus facilement les gens, où l’on reçoit des propositions plus intéressantes. Et les retombées se poursuivent par la suite. C’est loin d’être la première fois que Luxembourg est présent à Cannes et dans divers grands festivals. Chaque fois, c’est une étape de plus, de mieux dans la reconnaissance du travail des producteurs luxembourgeois. On constate depuis quelques années que nous avons bel et bien notre place dans ce paysage.

Quelle est la place de Luxembourg dans le domaine du film d’animation?

«Ce secteur est sans doute moins visible que le domaine de la fiction. Mais Luxembourg a réussi à se tailler une place de choix au niveau international et est devenu incontournable dans l’animation. C’est un centre de production, en particulier avec La Fabrique d’Images et le Studio 352 qui emploient une quarantaine de personnes en permanence et bien plus dans certains pics. Les propositions abondent et les studios sont très sollicités. Nous sommes d’ailleurs en train de développer un long-métrage inspiré des Shadoks avec la Fabrique…

The Congress se situe dans le futur et dénonce la part croissante de la technique dans le cinéma – au point de scanner les acteurs pour faire jouer leur clone. On peut se demander comment va évoluer le cinéma et quelle rôle Luxembourg pourra y jouer.

«Le cinéma change énormément dans ses moyens techniques de production, surtout depuis le numérique, mais surtout dans ses moyens de diffusion et partant de financement. Jusqu’ici, le modèle européen de financement inclut en grande partie les chaînes de télévision. Ce modèle est contraint d’évoluer parce que les usages de consommation évoluent. La télévision et internet sont en train de se rapprocher et il est clair que les spectateurs seront de moins en moins dépendants des programmes imposés et iront de plus en plus vers de la consommation à la demande, sur des plateformes numériques. La télévision va donc perdre des annonceurs et n’aura plus les moyens de financer le cinéma. Aussi, le modèle anglo-saxon, avec du financement privé, va gagner en importance avec de l’equity et des fonds d’investissement. Luxembourg a évidemment une carte à jouer grâce à sa position en matière de fonds et en matière de numérique… On pourra certainement bientôt voir des fonds se créer.»

Sortie au Ciné Utopia, le 3 juillet.

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SOURCE: http://www.paperjam.lu

Présenté à Cannes, The Congress, long-métrage d’animation d’Ari Folman, sortira en salles ce mercredi. Trois questions à David Grumbach, un des coproducteurs (PTD).

The Congress a fait l’ouverture de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes… Quelles sont les retombées pour PTD en particulier et pour l’image du cinéma luxembourgeois en général?

«Une sélection à Cannes, ou dans un autre festival de cette importance, c’est une reconnaissance essentielle. Pour une maison de production, cela fait grimper quelques échelons dans la hiérarchie tacite des producteurs. On gagne en crédibilité parce qu’une sélection, c’est un gage de qualité, de goût et de savoir-faire. Je constate qu’il y a des retombées immédiates, à Cannes même, où l’on rencontre plus facilement les gens, où l’on reçoit des propositions plus intéressantes. Et les retombées se poursuivent par la suite. C’est loin d’être la première fois que Luxembourg est présent à Cannes et dans divers grands festivals. Chaque fois, c’est une étape de plus, de mieux dans la reconnaissance du travail des producteurs luxembourgeois. On constate depuis quelques années que nous avons bel et bien notre place dans ce paysage.

Quelle est la place de Luxembourg dans le domaine du film d’animation?

«Ce secteur est sans doute moins visible que le domaine de la fiction. Mais Luxembourg a réussi à se tailler une place de choix au niveau international et est devenu incontournable dans l’animation. C’est un centre de production, en particulier avec La Fabrique d’Images et le Studio 352 qui emploient une quarantaine de personnes en permanence et bien plus dans certains pics. Les propositions abondent et les studios sont très sollicités. Nous sommes d’ailleurs en train de développer un long-métrage inspiré des Shadoks avec la Fabrique…

The Congress se situe dans le futur et dénonce la part croissante de la technique dans le cinéma – au point de scanner les acteurs pour faire jouer leur clone. On peut se demander comment va évoluer le cinéma et quelle rôle Luxembourg pourra y jouer.

«Le cinéma change énormément dans ses moyens techniques de production, surtout depuis le numérique, mais surtout dans ses moyens de diffusion et partant de financement. Jusqu’ici, le modèle européen de financement inclut en grande partie les chaînes de télévision. Ce modèle est contraint d’évoluer parce que les usages de consommation évoluent. La télévision et internet sont en train de se rapprocher et il est clair que les spectateurs seront de moins en moins dépendants des programmes imposés et iront de plus en plus vers de la consommation à la demande, sur des plateformes numériques. La télévision va donc perdre des annonceurs et n’aura plus les moyens de financer le cinéma. Aussi, le modèle anglo-saxon, avec du financement privé, va gagner en importance avec de l’equity et des fonds d’investissement. Luxembourg a évidemment une carte à jouer grâce à sa position en matière de fonds et en matière de numérique… On pourra certainement bientôt voir des fonds se créer.»

Sortie au Ciné Utopia, le 3 juillet.

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