Mar 03 2015

Brigands du haut, brigands du bas

Published by at 01:01 under Red Lion

SOURCE: http://www.lequotidien.lu

Frank Hoffmann fait son retour au cinéma avec “Les Brigands”, un film très librement inspiré de la pièce de Friedrich von Schiller, coréalisé par Pol Cruchten et produit par Red Lion.

Quand on parle des Brigands de Friedrich von Schiller, on pense au théâtre allemand du XVIIIe, à la tragédie classique sur la famille du comte von Moor et la guerre de pouvoir entre ses deux fils. Les réalisateurs luxembourgeois Frank Hoffmann et Pol Cruchten reprennent la trame de cette histoire mais la transposent dans le Grand-Duché actuel et dans le monde, discret, de la haute finance. Osé !

C’est en prison que débutent ces Brigands. C’est là que Karl rumine : “Trois ans que je suis seul dans cette cellule ! Quel gâchis”, “La vie en prison change un homme”, “Elle lui ouvre l’esprit”, avant de terminer par “La liberté ou la mort !”. Générique. Loin de la prison, dans un monde fait de luxe, de beaux costumes, de grosses cylindrées, de demeures anciennes et de palaces, on fait la connaissance des familles Escher et Field. Elles sont en train de signer la fusion de leurs deux banques. Pas en plein jour, comme le voudrait la normalité, mais lors d’une réunion nocturne, discrète, voire secrète.

Le décor est posé. D’un côté, Karl, tombé pour un délit financier et qui en a assumé seul la responsabilité pour sauver les siens. De l’autre, deux anciennes familles rivales devenues partenaires qui semblent avoir pas mal de choses à cacher. Quand on sait que Karl était le numéro deux de la banque Escher et héritier désigné de son père, et qu’il a, depuis, été remplacé par son frère Franz, on comprend vite que les choses ne vont pas tarder à dégénérer. L’un a soif de vengeance. L’autre a soif de pouvoir. Le père, lui, semble dépassé par tout ça. Seule la sœur, Amalia, semble avoir encore le sens de la famille.

> Drame familial

Mais dans ces milieux obscurs où la morale n’a pas cours et où seul l’argent compte, comment sauver l’esprit de famille, l’honneur ? Comment sauver chacun de ces frères de l’autre ? D’autant qu’Amalia étant femme et dernière de la fratrie, son opinion ne semble pas souvent prise en compte. Des images très sombres et une musique et des bruitages angoissants poussent rapidement le récit vers le thriller, le noir. D’autant que, en prison, Karl s’est acoquiné avec une bande de brigands. Et qu’ils s’apprêtent à passer à l’action. Leur première cible ? Les nouveaux associés de sa famille.

Suivra un drame familial digne d’une tragédie antique, auquel s’ajoute un point de vue clairement suspicieux à l’égard du milieu bancaire et des affaires. Quelques semaines après L’Enquête, décidément… Porté par un casting international de haut niveau avec Éric Caravaca, Robinson Stévenin, Isild Le Besco, mais aussi Tchéky Karyo et le regretté Maximilian Schell (décédé l’an dernier), le film ne convainc pas. Si les scènes chez les brigands sont au poil (les comédiens grand-ducaux Luc Schiltz et Serge Wolf, entre autres, s’en sortent d’ailleurs avec les honneurs), celles dans la famille Escher ne sont pas au niveau. À cause des sentiments trop intériorisés ou du doublage de certains comédiens, peut-être. Soit…

Quoi qu’il en soit, les intentions sont bonnes. Et visuellement le film se tient. Tournés en 2012, ces Brigands auront mis du temps à arriver en salle. Le film est programmé en avant-première dans le cadre du Luxembourg City Film Festival (dimanche à 19 h). Il faudra ensuite attendre jusqu’au 25 mars pour le voir sortir officiellement au Grand-Duché.

De notre journaliste Pablo Chimienti

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SOURCE: http://www.lequotidien.lu

Frank Hoffmann fait son retour au cinéma avec “Les Brigands”, un film très librement inspiré de la pièce de Friedrich von Schiller, coréalisé par Pol Cruchten et produit par Red Lion.

Quand on parle des Brigands de Friedrich von Schiller, on pense au théâtre allemand du XVIIIe, à la tragédie classique sur la famille du comte von Moor et la guerre de pouvoir entre ses deux fils. Les réalisateurs luxembourgeois Frank Hoffmann et Pol Cruchten reprennent la trame de cette histoire mais la transposent dans le Grand-Duché actuel et dans le monde, discret, de la haute finance. Osé !

C’est en prison que débutent ces Brigands. C’est là que Karl rumine : “Trois ans que je suis seul dans cette cellule ! Quel gâchis”, “La vie en prison change un homme”, “Elle lui ouvre l’esprit”, avant de terminer par “La liberté ou la mort !”. Générique. Loin de la prison, dans un monde fait de luxe, de beaux costumes, de grosses cylindrées, de demeures anciennes et de palaces, on fait la connaissance des familles Escher et Field. Elles sont en train de signer la fusion de leurs deux banques. Pas en plein jour, comme le voudrait la normalité, mais lors d’une réunion nocturne, discrète, voire secrète.

Le décor est posé. D’un côté, Karl, tombé pour un délit financier et qui en a assumé seul la responsabilité pour sauver les siens. De l’autre, deux anciennes familles rivales devenues partenaires qui semblent avoir pas mal de choses à cacher. Quand on sait que Karl était le numéro deux de la banque Escher et héritier désigné de son père, et qu’il a, depuis, été remplacé par son frère Franz, on comprend vite que les choses ne vont pas tarder à dégénérer. L’un a soif de vengeance. L’autre a soif de pouvoir. Le père, lui, semble dépassé par tout ça. Seule la sœur, Amalia, semble avoir encore le sens de la famille.

> Drame familial

Mais dans ces milieux obscurs où la morale n’a pas cours et où seul l’argent compte, comment sauver l’esprit de famille, l’honneur ? Comment sauver chacun de ces frères de l’autre ? D’autant qu’Amalia étant femme et dernière de la fratrie, son opinion ne semble pas souvent prise en compte. Des images très sombres et une musique et des bruitages angoissants poussent rapidement le récit vers le thriller, le noir. D’autant que, en prison, Karl s’est acoquiné avec une bande de brigands. Et qu’ils s’apprêtent à passer à l’action. Leur première cible ? Les nouveaux associés de sa famille.

Suivra un drame familial digne d’une tragédie antique, auquel s’ajoute un point de vue clairement suspicieux à l’égard du milieu bancaire et des affaires. Quelques semaines après L’Enquête, décidément… Porté par un casting international de haut niveau avec Éric Caravaca, Robinson Stévenin, Isild Le Besco, mais aussi Tchéky Karyo et le regretté Maximilian Schell (décédé l’an dernier), le film ne convainc pas. Si les scènes chez les brigands sont au poil (les comédiens grand-ducaux Luc Schiltz et Serge Wolf, entre autres, s’en sortent d’ailleurs avec les honneurs), celles dans la famille Escher ne sont pas au niveau. À cause des sentiments trop intériorisés ou du doublage de certains comédiens, peut-être. Soit…

Quoi qu’il en soit, les intentions sont bonnes. Et visuellement le film se tient. Tournés en 2012, ces Brigands auront mis du temps à arriver en salle. Le film est programmé en avant-première dans le cadre du Luxembourg City Film Festival (dimanche à 19 h). Il faudra ensuite attendre jusqu’au 25 mars pour le voir sortir officiellement au Grand-Duché.

De notre journaliste Pablo Chimienti

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