Sep 20 2014

«C’est un honneur d’incarner le Luxembourg»

Published by at 01:02 under Red Lion

SOURCE: http://www.lessentiel.lu

LUXEMBOURG – Avec «Never Die Young», le cinéaste luxembourgeois, Pol Cruchten, vient de réaliser un ovni passionnant, qui représente le Grand-Duché dans la compétition pour les oscars 2015.

L’essentiel: «Never Die Young» a reçu le «Letzebuerger Filmprais» et est en course pour les oscars. Deux belles satisfactions avant sa sortie?

Pol Cruchten (réalisateur): Oui, je suis très content. D’autant que toute la profession a voté au Filmprais, où il a reçu le prix de «meilleur documentaire». En ce qui concerne les oscars, c’est un rêve. C’est surtout un honneur de pouvoir incarner son pays, et c’est déjà bien d’y participer.

Entre documentaire et fiction, le film est difficile à classer. Une volonté de votre part?

Il y avait en effet une volonté de brouiller les pistes, de ne pas savoir où commence le documentaire et où commence la fiction. J’avais très envie de faire un film personnel, car j’avais surtout fait des commandes par le passé.

Le choix de s’inspirer de la vie d’un proche est-il le fruit de plusieurs années de réflexion?

C’était un choix très difficile à faire. Le projet a mûri pendant une dizaine d’années dans ma tête. C’est mon cousin Guido, dont la vie a inspiré le film, qui m’a poussé à le faire. J’ai voulu essayer de restituer ce qu’il a pu ressentir et comment il a vu le monde. Sa vie est un chemin de miraculé, ce qu’il a vécu est incroyable.

L’approche est très poétique. Quelles furent vos sources d’inspiration sur le plan formel?

Les frères Lumière et leur «Arrivée d’un train en gare de La Ciotat» a directement inspiré la scène du train en gare de Pétange. Mais également le documentariste néerlandais Joris Ivens, auteur de «Une histoire de vent». La nature occupe une place très importante dans mon film, l’arbre y est un symbole de l’enfance.

D’où est venue l’idée des masques?

Elle vient d’un photographe américain, Eugene Meatyard, qui mettait en scène sa propre famille avec des masques dans une banlieue américaine. Le masque est un objet de distanciation, il permet de “fictionnaliser”.

Vous utilisez deux chansons de Bob Dylan dans le film. Vous êtes un fan?

Je voulais utiliser un minimum de musique, afin qu’elle ait davantage d’impact. Lorsque nous avons reçu l’autorisation d’utiliser ces titres de Dylan, c’était énorme!

Le film a été entièrement tourné au Luxembourg. C’était important pour vous?

Oui, en dehors des scènes à Colmar et de celles à la La Panne, sur la côte belge, tout a été tourné au Luxembourg. Si les rues y sont le plus souvent désertes, avec ce côté désolé des choses, c’est pour illustrer la vision de Guido, comme dans un rêve.

On a l’impression que vous ne souhaitez pas faire passer de message pour ce film…

Non, je pense que cela ne sert à rien. J’ai préféré proposer une vision poétique de sa vie, qui est une longue course. Chacun peut y trouver sa vérité, je n’ai pas de message particulier à envoyer.

Propos recueillis par Cédric Botzung

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SOURCE: http://www.lessentiel.lu

LUXEMBOURG – Avec «Never Die Young», le cinéaste luxembourgeois, Pol Cruchten, vient de réaliser un ovni passionnant, qui représente le Grand-Duché dans la compétition pour les oscars 2015.

L’essentiel: «Never Die Young» a reçu le «Letzebuerger Filmprais» et est en course pour les oscars. Deux belles satisfactions avant sa sortie?

Pol Cruchten (réalisateur): Oui, je suis très content. D’autant que toute la profession a voté au Filmprais, où il a reçu le prix de «meilleur documentaire». En ce qui concerne les oscars, c’est un rêve. C’est surtout un honneur de pouvoir incarner son pays, et c’est déjà bien d’y participer.

Entre documentaire et fiction, le film est difficile à classer. Une volonté de votre part?

Il y avait en effet une volonté de brouiller les pistes, de ne pas savoir où commence le documentaire et où commence la fiction. J’avais très envie de faire un film personnel, car j’avais surtout fait des commandes par le passé.

Le choix de s’inspirer de la vie d’un proche est-il le fruit de plusieurs années de réflexion?

C’était un choix très difficile à faire. Le projet a mûri pendant une dizaine d’années dans ma tête. C’est mon cousin Guido, dont la vie a inspiré le film, qui m’a poussé à le faire. J’ai voulu essayer de restituer ce qu’il a pu ressentir et comment il a vu le monde. Sa vie est un chemin de miraculé, ce qu’il a vécu est incroyable.

L’approche est très poétique. Quelles furent vos sources d’inspiration sur le plan formel?

Les frères Lumière et leur «Arrivée d’un train en gare de La Ciotat» a directement inspiré la scène du train en gare de Pétange. Mais également le documentariste néerlandais Joris Ivens, auteur de «Une histoire de vent». La nature occupe une place très importante dans mon film, l’arbre y est un symbole de l’enfance.

D’où est venue l’idée des masques?

Elle vient d’un photographe américain, Eugene Meatyard, qui mettait en scène sa propre famille avec des masques dans une banlieue américaine. Le masque est un objet de distanciation, il permet de “fictionnaliser”.

Vous utilisez deux chansons de Bob Dylan dans le film. Vous êtes un fan?

Je voulais utiliser un minimum de musique, afin qu’elle ait davantage d’impact. Lorsque nous avons reçu l’autorisation d’utiliser ces titres de Dylan, c’était énorme!

Le film a été entièrement tourné au Luxembourg. C’était important pour vous?

Oui, en dehors des scènes à Colmar et de celles à la La Panne, sur la côte belge, tout a été tourné au Luxembourg. Si les rues y sont le plus souvent désertes, avec ce côté désolé des choses, c’est pour illustrer la vision de Guido, comme dans un rêve.

On a l’impression que vous ne souhaitez pas faire passer de message pour ce film…

Non, je pense que cela ne sert à rien. J’ai préféré proposer une vision poétique de sa vie, qui est une longue course. Chacun peut y trouver sa vérité, je n’ai pas de message particulier à envoyer.

Propos recueillis par Cédric Botzung

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