May 21 2012

« Les fameux gars » : la plus fameuse comédie luxembourgeoise … ever

Published by at 18:37 under Independent Spirit Productions,Reviews

Unfortunately the film is no longer showing, but blog reviews of Adolf El Assal’s “Les Fameux Gars” still continue to trickle in. Here’s the latest:

SOURCE: http://harlekin.lu

« Les fameux gars »…. Comment dire ? Un des rares films où tu ne t’attends simplement pas à la fin ! Kuertz gesot, c’est l’histoire de gars « bien luxos », avec tous leurs clichés. L’histoire narrée en quelques mots : une classe de Luxembourg, une semaine au Portugal.

La fameuse histoire
L’histoire nous plonge dans un établissement luxembourgeois particulier, qui comprend deux classes : une « classe d’élite », constituée de jeunes prodiges et une classe de « rattrapage » d’élèves plus âgés, qui ne savent pas qui était Robert Schuman. C’est grâce au zèle de la classe d’intellos que tout l’établissement – classe de rattrapage y compris – gagne un voyage au Portugal chez des familles d’accueil, à Alcabideche, village situé à 30 km de Lisbonne.
Aussi, dans la classe, c’est la joie surtout pour Steven Cariera (Godyé), 23 ans qui, n’a encore jamais vu le Portugal « de toute [sa] vie de Portugais ». Steven, c’est un personnage « space » qui rêve d’être le 1er Portugais dans l’espace afin de rendre fier son père, au ciel … Alors pour lui, ce premier voyage, c’est tout un film ! Mais voilà, parmi ses trois autres « gars » (« le fond de la classe et le sommet de la classe »), Guy-Désiré M’Bokami (Nytt), ne peut pas venir car ses résultats sont insuffisants. Aussi vite, Steven lancera un lobby « pour que Guy-Désiré vienne avec au Portugal ». Et si, pour Steven, le challenge est de retrouver une part de son identité avec son pays d’origine, pour Guy-Désiré aussi, l’enjeu est grand : ne pas perdre de vue Nathalie (Caty Baccega), leur enseignante, dont il est éperdument épris. Et ce n’est pas le seul d’ailleurs car Edmundo (Cico), le prof de portugais Brésilien a aussi craqué pour Nathalie. Si Guy-Désiré, jeune Congolais plutôt posé, se retrouve quant à lui, dans la classe de rattrapage, c’est pour séduire Nathalie d’ailleurs. Car, en réalité, c’est un surdoué détenteur d’un doctorat de philosophie soutenu en Afrique du Sud.

Au final, en plus d’être fameusement drôle, le film soulève des malaises sociaux réels derrière un bel « humour stigmatisant », unique en son genre.

Parmi ceux-ci, les voies de garage des études, des lycées techniques au doctorat. L’échec scolaire dû à la concentration de « bons » et de « mauvais » élèves dans des classes séparées. Au Grand Duché, plus qu’ailleurs, avec la diversité des classes de types « intermédiaires », qui permettent une transition vers l’enseignement « classique » ou (beaucoup) plus souvent dans l’enseignement dit « technique » (vu seulement de manière moins prestigieuse par ceux ayant fréquenté les établissements dits « classiques » !). Egalement évoquée : la question des moyens financiers attribués aux classes dites « d’élite » lorsque les classes paupérisées ont des moyens beaucoup plus limités quand les besoins pour l’éducation, sont au contraire croissants.
Le manque de la figure paternelle ou maternelle chez les jeunes à travers, Guy Désiré, élevé seul par son père (Dieudonné Kabongo, un fameux acteur belge, récemment décédé), peu présent, car gros businessman dans les champs de « Kolton » au Congo et Steven, qui vit seul et modestement avec sa mère, au foyer. Mais ce sont aussi, des faits très actuels qui sont mis à l’ordre du jour : la contestation « révolutionnaire » et la constitution de lobbys par des groupes de jeunes, via des réseaux sociaux tels Facebook. Et tout ça avec un humour particulier. Un humour de clichés. Et, en termes de cliché on est servi…

Les fameux clichés
Ils sont perpétuellement présents dans le film. Exemple, le Portugal. « Alcabideche » une ville portugaise aux consonances « cliché », le sourcil « unisourcil » du Portugais (Nilton Martins). Chez la rurale famille d’accueil de Rudolf, il y a du bon vin, des fruits et poisson frais… et « la maçonnerie est plus qu’un travail, c’est aussi un art de vivre ». Les Africains n’échappent pas non plus au jeu des clichés : le père et le fils « M’Bokami de Kinshasa sont des adeptes de la « sapologie », légendaire dress code qui fait que tout Congolais, même chômeur soit-il, se doit d’être sapé « classe ». Les accents des uns et des autres sont tournés en dérision, mais au dessus de tout, l’accent luxembourgeois 100% « made in Luxembourg ».

La fameuse « griffe luxo »
Il n’y a cependant pas que le fameux accent qui nous plonge dans une ambiance fameusement luxembourgeoise. Niveau « local », de charmants acteurs locaux font des apparitions dans le film. Entre autres : le réalisateur Andy Bausch, la cuisinière Lea Linster, la belle Natasha Bintz, le chanteur Charles Suberville, l’animateur radio Erny Dee, le musicien Gast Waltzing. A noter également la présence des journalistes Jean-Luc Bertrand et Marylène Bergmann dans leur propre rôle. Niveau musique, c’est encore Taipan (Vincent Habay), un rappeur français qui a grandi près des mines, des frontières luxembourgeoises, qui s’illustre. Car en effet, la musique est parfaitement rythmée. A se demander si c’est la B.O. qui a été conçue pour le film ou des scènes du film qui ont été imaginées à partir de la B.O.

La fameuse idée
A l’origine de ce fameux-film ? C’est Adolf El Assal, Luxembourgo-Egyptgien de 31 ans qui est à la base de la réalisation et de la production de ce film. En 2010 déjà, il tournait avec les acteurs principaux des Fameux gars, les rappeurs Nytt, Godye, Last’Ar et Taipan, et réalisait un court métrage d’1/4 d’heure sur « La Fameuse Route » (de Luxembourg à Maastricht).
Et si on le sent l’aisance avec ses acteurs, c’est qu’Adolf a aussi connu les classes techniques avant d’obtenir un Bachelor en journalisme et un Master en réalisation en Angleterre. De belles armes pour faire rayonner les cieux luxembourgeois. Adolf, mais aussi son film, ses acteurs, c’est l’illustration que « venir de », n’empêche pas de « devenir ».

« Les fameux gars » au final : une histoire psychédélique, qui nous fait passer du rire… au rire … du début à la fin…

Kuertz gesot : la meilleure comédie luxembourgeoise depuis des lustres, il faut le dire.

Les fameuses phrases

M. M’Bokami, père de Guy-Désiré :
« C’est quoi ce visage ? Même un babouin n’en voudrait pas comme derrière » !

Edmundo : « Tellement tou es belle qu’un jour tou vas me tuer. Et tellement tou es belle (…) que tu vas me réveiller.

M. M’Bokami, à son fils :
« J’ai trouvé tes poèmes : Nathalie, quittons ce ciel, celui d’Alcabideche nous ira mieux. J’arrive crépitant comme un insecte, qui s’approche de la lumière du feu. MAIS, GUY-DESIRE !!! TU DEVIENS FOU ?!? Tu te compares à un insecte maintenant ? (…) Quand je reviens de Kinshasa, le mois prochain, c’est Guy Désiré, Désiré M’Bokami que j’espère trouver. Et pas…. un insecte ! »

Le réalisateur Andy Bausch aux Fameux gars : « Ca vous dirait pas de jouer dans un vrai film plutôt? ».

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Unfortunately the film is no longer showing, but blog reviews of Adolf El Assal’s “Les Fameux Gars” still continue to trickle in. Here’s the latest:

SOURCE: http://harlekin.lu

« Les fameux gars »…. Comment dire ? Un des rares films où tu ne t’attends simplement pas à la fin ! Kuertz gesot, c’est l’histoire de gars « bien luxos », avec tous leurs clichés. L’histoire narrée en quelques mots : une classe de Luxembourg, une semaine au Portugal.

La fameuse histoire
L’histoire nous plonge dans un établissement luxembourgeois particulier, qui comprend deux classes : une « classe d’élite », constituée de jeunes prodiges et une classe de « rattrapage » d’élèves plus âgés, qui ne savent pas qui était Robert Schuman. C’est grâce au zèle de la classe d’intellos que tout l’établissement – classe de rattrapage y compris – gagne un voyage au Portugal chez des familles d’accueil, à Alcabideche, village situé à 30 km de Lisbonne.
Aussi, dans la classe, c’est la joie surtout pour Steven Cariera (Godyé), 23 ans qui, n’a encore jamais vu le Portugal « de toute [sa] vie de Portugais ». Steven, c’est un personnage « space » qui rêve d’être le 1er Portugais dans l’espace afin de rendre fier son père, au ciel … Alors pour lui, ce premier voyage, c’est tout un film ! Mais voilà, parmi ses trois autres « gars » (« le fond de la classe et le sommet de la classe »), Guy-Désiré M’Bokami (Nytt), ne peut pas venir car ses résultats sont insuffisants. Aussi vite, Steven lancera un lobby « pour que Guy-Désiré vienne avec au Portugal ». Et si, pour Steven, le challenge est de retrouver une part de son identité avec son pays d’origine, pour Guy-Désiré aussi, l’enjeu est grand : ne pas perdre de vue Nathalie (Caty Baccega), leur enseignante, dont il est éperdument épris. Et ce n’est pas le seul d’ailleurs car Edmundo (Cico), le prof de portugais Brésilien a aussi craqué pour Nathalie. Si Guy-Désiré, jeune Congolais plutôt posé, se retrouve quant à lui, dans la classe de rattrapage, c’est pour séduire Nathalie d’ailleurs. Car, en réalité, c’est un surdoué détenteur d’un doctorat de philosophie soutenu en Afrique du Sud.

Au final, en plus d’être fameusement drôle, le film soulève des malaises sociaux réels derrière un bel « humour stigmatisant », unique en son genre.

Parmi ceux-ci, les voies de garage des études, des lycées techniques au doctorat. L’échec scolaire dû à la concentration de « bons » et de « mauvais » élèves dans des classes séparées. Au Grand Duché, plus qu’ailleurs, avec la diversité des classes de types « intermédiaires », qui permettent une transition vers l’enseignement « classique » ou (beaucoup) plus souvent dans l’enseignement dit « technique » (vu seulement de manière moins prestigieuse par ceux ayant fréquenté les établissements dits « classiques » !). Egalement évoquée : la question des moyens financiers attribués aux classes dites « d’élite » lorsque les classes paupérisées ont des moyens beaucoup plus limités quand les besoins pour l’éducation, sont au contraire croissants.
Le manque de la figure paternelle ou maternelle chez les jeunes à travers, Guy Désiré, élevé seul par son père (Dieudonné Kabongo, un fameux acteur belge, récemment décédé), peu présent, car gros businessman dans les champs de « Kolton » au Congo et Steven, qui vit seul et modestement avec sa mère, au foyer. Mais ce sont aussi, des faits très actuels qui sont mis à l’ordre du jour : la contestation « révolutionnaire » et la constitution de lobbys par des groupes de jeunes, via des réseaux sociaux tels Facebook. Et tout ça avec un humour particulier. Un humour de clichés. Et, en termes de cliché on est servi…

Les fameux clichés
Ils sont perpétuellement présents dans le film. Exemple, le Portugal. « Alcabideche » une ville portugaise aux consonances « cliché », le sourcil « unisourcil » du Portugais (Nilton Martins). Chez la rurale famille d’accueil de Rudolf, il y a du bon vin, des fruits et poisson frais… et « la maçonnerie est plus qu’un travail, c’est aussi un art de vivre ». Les Africains n’échappent pas non plus au jeu des clichés : le père et le fils « M’Bokami de Kinshasa sont des adeptes de la « sapologie », légendaire dress code qui fait que tout Congolais, même chômeur soit-il, se doit d’être sapé « classe ». Les accents des uns et des autres sont tournés en dérision, mais au dessus de tout, l’accent luxembourgeois 100% « made in Luxembourg ».

La fameuse « griffe luxo »
Il n’y a cependant pas que le fameux accent qui nous plonge dans une ambiance fameusement luxembourgeoise. Niveau « local », de charmants acteurs locaux font des apparitions dans le film. Entre autres : le réalisateur Andy Bausch, la cuisinière Lea Linster, la belle Natasha Bintz, le chanteur Charles Suberville, l’animateur radio Erny Dee, le musicien Gast Waltzing. A noter également la présence des journalistes Jean-Luc Bertrand et Marylène Bergmann dans leur propre rôle. Niveau musique, c’est encore Taipan (Vincent Habay), un rappeur français qui a grandi près des mines, des frontières luxembourgeoises, qui s’illustre. Car en effet, la musique est parfaitement rythmée. A se demander si c’est la B.O. qui a été conçue pour le film ou des scènes du film qui ont été imaginées à partir de la B.O.

La fameuse idée
A l’origine de ce fameux-film ? C’est Adolf El Assal, Luxembourgo-Egyptgien de 31 ans qui est à la base de la réalisation et de la production de ce film. En 2010 déjà, il tournait avec les acteurs principaux des Fameux gars, les rappeurs Nytt, Godye, Last’Ar et Taipan, et réalisait un court métrage d’1/4 d’heure sur « La Fameuse Route » (de Luxembourg à Maastricht).
Et si on le sent l’aisance avec ses acteurs, c’est qu’Adolf a aussi connu les classes techniques avant d’obtenir un Bachelor en journalisme et un Master en réalisation en Angleterre. De belles armes pour faire rayonner les cieux luxembourgeois. Adolf, mais aussi son film, ses acteurs, c’est l’illustration que « venir de », n’empêche pas de « devenir ».

« Les fameux gars » au final : une histoire psychédélique, qui nous fait passer du rire… au rire … du début à la fin…

Kuertz gesot : la meilleure comédie luxembourgeoise depuis des lustres, il faut le dire.

Les fameuses phrases

M. M’Bokami, père de Guy-Désiré :
« C’est quoi ce visage ? Même un babouin n’en voudrait pas comme derrière » !

Edmundo : « Tellement tou es belle qu’un jour tou vas me tuer. Et tellement tou es belle (…) que tu vas me réveiller.

M. M’Bokami, à son fils :
« J’ai trouvé tes poèmes : Nathalie, quittons ce ciel, celui d’Alcabideche nous ira mieux. J’arrive crépitant comme un insecte, qui s’approche de la lumière du feu. MAIS, GUY-DESIRE !!! TU DEVIENS FOU ?!? Tu te compares à un insecte maintenant ? (…) Quand je reviens de Kinshasa, le mois prochain, c’est Guy Désiré, Désiré M’Bokami que j’espère trouver. Et pas…. un insecte ! »

Le réalisateur Andy Bausch aux Fameux gars : « Ca vous dirait pas de jouer dans un vrai film plutôt? ».

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