Dec 08 2012

Frédéric Fonteyne: «Je vis et puis je fais du cinéma»

Published by at 01:38 under Samsa

SOURCE: http://www.wort.lu

Pour son quatrième long métrage, “Tango Libre” co-produit par Samsa Film, le réalisateur belge Frédéric Fonteyne nous invite à une triangulaire amoureuse au rythme du tango dansé par François Damiens, Anne Paulicevich, Sergi Lopez et Jan Hammenecker. Rencontre.

fonteyne

Frédéric Fonteyne, ce qui m’a frappé dans “Tango Libre” c’est votre façon de filmer qui est totalement différente par rapport à vos films précédents.

J’ai l’impression d’avancer avec l’équipe avec laquelle je travaille depuis le début. Maintenant je commence seulement à avoir mon propre langage cinématographique qui est d’aller chercher la particularité chez chacun des personnages. Dans mes premiers films, la manière de filmer ne me préoccupait pas de trop. Ce qui comptait le plus, c’était la personne humaine que je filmais. Aujourd’hui, je suis attentif à la manière de filmer et à la personne humaine.

Votre premier film “Max et Bobo” est sorti il y a 15 ans. “Tango Libre” est votre 4e film. Avez-vous besoin de vous ressourcer aussi longtemps entre les films?

Oui. J’ai besoin de me ressourcer dans autre chose que le cinéma. Mon cinéma provient de la manière dont je vis. Pour “Tango Libre”, il a fallu que je rencontre d’abord ma femme, que je vis avec elle, que je la découvre comme dans le film et puis seulement, on s’est mis à travailler. Je ne vis pas dans le cinéma, je vis et puis je fais du cinéma.

Il semble y avoir une sorte de fil rouge dans vos films qui est l’amour entre vos personnages.

C’est clairement cela car pour moi, il n’y a que l’amour qui peut nous faire sortir de la manière dont on est emprisonné. C’est l’amour qui nous fait vivre. Dans mon film, je démontre comment nous sommes tous reliés par le désir et l’amour.

Pouvez-vous nous parler du jeu et du personnage représenté par François Damiens qui nous livre une performance extraordinaire?

Le personnage que joue François Damiens est un personnage particulier. Son métier (gardien de prison) est de regarder alors que personne ne le voit. Puis, il tombe sur cette femme qui a trop d’histoire et il est attiré par ce qu’il regarde. C’était un rêve pour moi de travailler avec François parce qu’il a une dimension unique, particulière de maladresse, de fragilité.

Comment vous êtes-vous imprégné de cette ambiance carcérale?

On a vraiment rencontré des gardiens de prison et des anciens détenus avec lesquels on s’est entretenu assez longuement. On a rencontré des gens biens et de vrais méchants tant au niveau des détenus que des gardiens de prison. Puis, lorsque je suis rentré dans une vraie prison, c’était pour commencer le tournage car tout le film se passe dans une vraie prison en Pologne. L’expérience était très forte car on réalise un film qui est une fiction et en même temps, on est confronté à la réalité. D’ailleurs, je ne voulais pas faire quelque chose de réaliste car la réalité est insupportable.

Pour vous, le Tango est-il l’expression corporelle par excellence pour sortir de son enfermement ou cela aurait-il pu être une autre danse?

Cela n’aurait pas pu être une autre danse car pour moi, le tango c’est plus qu’une danse. Par contre, et c’est paradoxal, ce n’est pas une danse où l’on peut se libérer, c’est une danse où il y a une forme de combat entre l’homme et la femme. C’est une danse qui a des racines et qui dépasse le simple fait de la danse.

Est-ce que vous avez à un moment donné envisagé une autre fin?

Dès le moment où nous avons eu l’idée de cette fin, elle s’est automatiquement imposée. Notre imagination a fonctionné puis arrive une fin bizarre, paradoxale qui, pour nous, sonne vrai, aussi étonnante ou bizarre qu’il y paraît. Mais c’est dans cette fin que je me reconnais.

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SOURCE: http://www.wort.lu

Pour son quatrième long métrage, “Tango Libre” co-produit par Samsa Film, le réalisateur belge Frédéric Fonteyne nous invite à une triangulaire amoureuse au rythme du tango dansé par François Damiens, Anne Paulicevich, Sergi Lopez et Jan Hammenecker. Rencontre.

fonteyne

Frédéric Fonteyne, ce qui m’a frappé dans “Tango Libre” c’est votre façon de filmer qui est totalement différente par rapport à vos films précédents.

J’ai l’impression d’avancer avec l’équipe avec laquelle je travaille depuis le début. Maintenant je commence seulement à avoir mon propre langage cinématographique qui est d’aller chercher la particularité chez chacun des personnages. Dans mes premiers films, la manière de filmer ne me préoccupait pas de trop. Ce qui comptait le plus, c’était la personne humaine que je filmais. Aujourd’hui, je suis attentif à la manière de filmer et à la personne humaine.

Votre premier film “Max et Bobo” est sorti il y a 15 ans. “Tango Libre” est votre 4e film. Avez-vous besoin de vous ressourcer aussi longtemps entre les films?

Oui. J’ai besoin de me ressourcer dans autre chose que le cinéma. Mon cinéma provient de la manière dont je vis. Pour “Tango Libre”, il a fallu que je rencontre d’abord ma femme, que je vis avec elle, que je la découvre comme dans le film et puis seulement, on s’est mis à travailler. Je ne vis pas dans le cinéma, je vis et puis je fais du cinéma.

Il semble y avoir une sorte de fil rouge dans vos films qui est l’amour entre vos personnages.

C’est clairement cela car pour moi, il n’y a que l’amour qui peut nous faire sortir de la manière dont on est emprisonné. C’est l’amour qui nous fait vivre. Dans mon film, je démontre comment nous sommes tous reliés par le désir et l’amour.

Pouvez-vous nous parler du jeu et du personnage représenté par François Damiens qui nous livre une performance extraordinaire?

Le personnage que joue François Damiens est un personnage particulier. Son métier (gardien de prison) est de regarder alors que personne ne le voit. Puis, il tombe sur cette femme qui a trop d’histoire et il est attiré par ce qu’il regarde. C’était un rêve pour moi de travailler avec François parce qu’il a une dimension unique, particulière de maladresse, de fragilité.

Comment vous êtes-vous imprégné de cette ambiance carcérale?

On a vraiment rencontré des gardiens de prison et des anciens détenus avec lesquels on s’est entretenu assez longuement. On a rencontré des gens biens et de vrais méchants tant au niveau des détenus que des gardiens de prison. Puis, lorsque je suis rentré dans une vraie prison, c’était pour commencer le tournage car tout le film se passe dans une vraie prison en Pologne. L’expérience était très forte car on réalise un film qui est une fiction et en même temps, on est confronté à la réalité. D’ailleurs, je ne voulais pas faire quelque chose de réaliste car la réalité est insupportable.

Pour vous, le Tango est-il l’expression corporelle par excellence pour sortir de son enfermement ou cela aurait-il pu être une autre danse?

Cela n’aurait pas pu être une autre danse car pour moi, le tango c’est plus qu’une danse. Par contre, et c’est paradoxal, ce n’est pas une danse où l’on peut se libérer, c’est une danse où il y a une forme de combat entre l’homme et la femme. C’est une danse qui a des racines et qui dépasse le simple fait de la danse.

Est-ce que vous avez à un moment donné envisagé une autre fin?

Dès le moment où nous avons eu l’idée de cette fin, elle s’est automatiquement imposée. Notre imagination a fonctionné puis arrive une fin bizarre, paradoxale qui, pour nous, sonne vrai, aussi étonnante ou bizarre qu’il y paraît. Mais c’est dans cette fin que je me reconnais.

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