Apr 14 2014

Cinéma/Sauvons la planète

Published by at 01:17 under Screening Room

SOURCE: http://www.lequotidien.lu

CINÉMA -Tante Hilda lutte contre les OGM dans une fable écologique loufoque.

Tante Hilda, une amoureuse de la nature, militante écolo en lutte contre les OGM : Jacques-Rémy Girerd, qui avait connu le succès en 2003 avec La Prophétie des grenouilles, revient avec un nouveau film d’animation, une fable écologique loufoque, en salles au Luxembourg pendant les vacances de Pâques dans le cadre du cycle pour enfants «Komm an de Kino».

Déjà dans Mia et le Migou, en 2008, le réalisateur s’inquiétait des dangers qui menacent la terre. À nouveau, il s’interroge : «Est-ce qu’on peut faire n’importe quoi sur la planète?» «Je cherchais un sujet, j’aurais pu utiliser le nucléaire, le gaz de schiste, la crise financière internationale, mais le sujet des OGM est le plus concret», raconte-t-il. Tante Hilda, à qui Sabine Azéma a prêté sa voix, est une femme d’une quarantaine d’années, les cheveux roux relevés dans un gros chignon, écolo jusqu’au bout des ongles.

Elle vit d’ailleurs à l’écart du monde, avec ses vieux parents, dans une serre ultramoderne au milieu de milliers de fleurs du monde entier. Mais le danger guette. Des scientifiques créent une plante d’un nouveau genre, génétiquement modifiée, exploitée par la Dolo, puissant groupe agroalimentaire dirigé par une femme laide et beuglante (excellemment doublée par Josiane Balasko), allergique aux fleurs et vouant une grande haine à la nature. Malheureusement, le président de la République, un gros bonhomme apathique, a choisi son camp, et reste sourd aux alertes de Tante Hilda.

Un film d’animation sans enfant…

Le monde ne tarde pas à être envahi par d’immenses asperges bleues qui détruisent toutes les autres espèces végétales. «C’est la partie fantastique du film. Les asperges ont une dimension irréelle mais elles renvoient à quelque chose de concret : on arrive à faire des tomates grosses comme des ballons de foot, alors on n’est pas si loin de la vérité», selon le réalisateur. Jacques-Rémy Girerd se défend d’avoir voulu faire un film à message, pourtant le parti pris est clair, notamment en représentant des politiques peu intéressés par la question de l’écologie et contrôlés par l’industrie. «Les politiques, pas seulement les nôtres, mais au niveau global, ne sont pas très courageux sur ces grandes questions», juge le réalisateur.

Mais le film, qui est avant tout une comédie, est aussi une belle histoire pour les enfants. Tante Hilda est attachante, gaie et drôle; le genre de personnage «vers qui chacun peut se tourner quand tout va mal». «Je fais attention à ce qu’il y ait des niveaux de langage différents pour que tous les publics puissent y trouver leur compte», explique Jacques-Rémy Girerd. Le film était d’ailleurs en compétition au festival du Film de Berlin, dans la catégorie jeunesse.

Il n’y a cependant aucun enfant dans ce film d’animation, ce que Jacques-Rémy Girerd a vécu comme «une libération». «Les personnages adultes sont plus faciles à caricaturer», confie-t-il. Il a fallu sept ans pour réaliser ce long métrage. «C’est énormément de travail, énormément de dessins, tous faits à la main», raconte-t-il. «Nous aimons ce travail et aller faire comme les autres de la 3D, ça ne nous intéresse pas beaucoup. Et ces techniques traditionnelles mettent en œuvre énormément de nouvelles technologies», ajoute le réalisateur, formé aux Beaux-Arts.

«Tout ce travail à la main, le dessin, le pinceau, les aquarelles, tout ça ne s’affiche pas mais le spectateur ressent cette beauté, et nous, on a envie de cultiver ça encore.» À noter que Tante Hilda! se décline également en trois ouvrages parus aux éditions Flammarion : l’album du film, un ouvrage sur la biodiversité et les OGM ainsi qu’un roman, qui sont déjà en librairie.

Tante Hilda!, de Jacques-Rémy Girerd.
À l’Utopia (Luxembourg), dimanche à 16 h 30 et lundi à 14 h.
Dans le cadre du cycle «Komm an de Kino».

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CINÉMA -Tante Hilda lutte contre les OGM dans une fable écologique loufoque.

Tante Hilda, une amoureuse de la nature, militante écolo en lutte contre les OGM : Jacques-Rémy Girerd, qui avait connu le succès en 2003 avec La Prophétie des grenouilles, revient avec un nouveau film d’animation, une fable écologique loufoque, en salles au Luxembourg pendant les vacances de Pâques dans le cadre du cycle pour enfants «Komm an de Kino».

Déjà dans Mia et le Migou, en 2008, le réalisateur s’inquiétait des dangers qui menacent la terre. À nouveau, il s’interroge : «Est-ce qu’on peut faire n’importe quoi sur la planète?» «Je cherchais un sujet, j’aurais pu utiliser le nucléaire, le gaz de schiste, la crise financière internationale, mais le sujet des OGM est le plus concret», raconte-t-il. Tante Hilda, à qui Sabine Azéma a prêté sa voix, est une femme d’une quarantaine d’années, les cheveux roux relevés dans un gros chignon, écolo jusqu’au bout des ongles.

Elle vit d’ailleurs à l’écart du monde, avec ses vieux parents, dans une serre ultramoderne au milieu de milliers de fleurs du monde entier. Mais le danger guette. Des scientifiques créent une plante d’un nouveau genre, génétiquement modifiée, exploitée par la Dolo, puissant groupe agroalimentaire dirigé par une femme laide et beuglante (excellemment doublée par Josiane Balasko), allergique aux fleurs et vouant une grande haine à la nature. Malheureusement, le président de la République, un gros bonhomme apathique, a choisi son camp, et reste sourd aux alertes de Tante Hilda.

Un film d’animation sans enfant…

Le monde ne tarde pas à être envahi par d’immenses asperges bleues qui détruisent toutes les autres espèces végétales. «C’est la partie fantastique du film. Les asperges ont une dimension irréelle mais elles renvoient à quelque chose de concret : on arrive à faire des tomates grosses comme des ballons de foot, alors on n’est pas si loin de la vérité», selon le réalisateur. Jacques-Rémy Girerd se défend d’avoir voulu faire un film à message, pourtant le parti pris est clair, notamment en représentant des politiques peu intéressés par la question de l’écologie et contrôlés par l’industrie. «Les politiques, pas seulement les nôtres, mais au niveau global, ne sont pas très courageux sur ces grandes questions», juge le réalisateur.

Mais le film, qui est avant tout une comédie, est aussi une belle histoire pour les enfants. Tante Hilda est attachante, gaie et drôle; le genre de personnage «vers qui chacun peut se tourner quand tout va mal». «Je fais attention à ce qu’il y ait des niveaux de langage différents pour que tous les publics puissent y trouver leur compte», explique Jacques-Rémy Girerd. Le film était d’ailleurs en compétition au festival du Film de Berlin, dans la catégorie jeunesse.

Il n’y a cependant aucun enfant dans ce film d’animation, ce que Jacques-Rémy Girerd a vécu comme «une libération». «Les personnages adultes sont plus faciles à caricaturer», confie-t-il. Il a fallu sept ans pour réaliser ce long métrage. «C’est énormément de travail, énormément de dessins, tous faits à la main», raconte-t-il. «Nous aimons ce travail et aller faire comme les autres de la 3D, ça ne nous intéresse pas beaucoup. Et ces techniques traditionnelles mettent en œuvre énormément de nouvelles technologies», ajoute le réalisateur, formé aux Beaux-Arts.

«Tout ce travail à la main, le dessin, le pinceau, les aquarelles, tout ça ne s’affiche pas mais le spectateur ressent cette beauté, et nous, on a envie de cultiver ça encore.» À noter que Tante Hilda! se décline également en trois ouvrages parus aux éditions Flammarion : l’album du film, un ouvrage sur la biodiversité et les OGM ainsi qu’un roman, qui sont déjà en librairie.

Tante Hilda!, de Jacques-Rémy Girerd.
À l’Utopia (Luxembourg), dimanche à 16 h 30 et lundi à 14 h.
Dans le cadre du cycle «Komm an de Kino».

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