Mar 23 2010

Les bons, les brutes et les truands

Published by at 11:46 under Articles,Français,Screening Room

SOURCE: Lëtzebuerger Wort – http://troublenomore.lu
Andy Bausch présente le troisième volet de sa trilogie

Andy Bausch présente «Trouble No More», troisième volet de sa trilogie autour du «Troublemaker» Johnny Chicago. Une trilogie dont l’achèvement fut mis à mal par la disparition de Thierry van Werveke, flamboyant interprète du person- nage emblématique de cet ensem- ble, mais dont le souvenir perdure sous la forme métaphorique d’une urne funéraire conçue comme enjeu central d’un scénario repensé «in extremis» par Bausch.
«Flash back» sur l’an 1988. Nais- sance de Jacques Guddebuer, alias Johnny Chicago. Andy Bausch pré- sente «Troublemaker», premier vo- let d’une trilogie qui fera florès dans le champ cinématographique natio- nal. Car un cinéma «made in Luxem- bourg» advient alors, qui dans un «Minett» en déshérence rêve d’une Amérique fantasmée à travers l’écume des «humpen» et la fumée des pétards. Un cinéma qui de part en part porte la marque de Bausch, séduisant en ses heures premières surtout, quand des films réalisés dans l’urgence et la pénurie tiennent leur attrait de leurs faiblesses appa- rentes, d’une dimension fouillis plu- tôt que fouillée, de leurs outrances trashy-populo, que Bausch revendi- que comme signature stylistique de son objet artistique.
L’objet de Bausch: le loser en maraude, à la fois pathétique et magnifique, entre Blues Brothers et Pieds nickelés, délinquants en quête de coups foireux et toujours foirés. Cet univers-là, résolument «rockambolesque», est marqué par le traitement que le réalisateur à la casquette lui confère: impertinence gouailleuse, autodérision, insolence punky et canaillerie érigée en idéologie, le tout dans un langage trilin- gue et un codage local: le Luxem- bourg se voyait tendre un miroir, en quoi il pouvait par adhésion ou par répulsion trouver matière à l’ex- pression de son imaginaire.
Andy Bausch quoi qu’il en soit est encensé, un réalisateur est né et un acteur advient à ses côtés: Thierry van Werveke bien-sûr, Johnny Chi- cago, le «Troublemaker» par excel- lence. Or «TvW» décède le 12 jan- vier 2009, alors que «Trouble No More», après «Troublemaker» et «Back to Trouble», était appelé à clore, avec TvW, la trilogie de Bausch. Le projet tournerait-il court? Non. Car TvW dans un der- nier souffle avait souhaité que l’aventure se poursuive, et la société Paul Thilges Distribution tenait de même à le mener à terme, achève- ment désormais accompli avec le soutien du Fonspa et d’une société de production suisse, Fama Films.
Ashes to Ashes
Le film débute après le décès de Johnny Chicago. Son associé Chuck Moreno, veut transporter ses cen- dres à Chicago, où ils ont toujours rêvé d’aller. Avant cela, il tente d’associer le frère de Johnny, Ray, dans un coup fumant qui renflouera ses caisses. Or Ray a déjà connu la prison et r fuse de replonger. D’au- tant qu’entre temps la fille de Johnny, Tess, est devenue «flic».
Dans cette nouvelle production, on retrouve des acteurs de la pre- mière heure comme l’excellent En- der Frings, qui interprète Chuck Moreno, Nicole Max dans le rôle de sa femme Jenny et Marco Lorenzini (Ray) qui réussit la prouesse d’être à la fois drôle et bouleversant. Des nouveaux venus sont également à l’affiche, comme Nora Koenig dans le rôle de la fille de Johnny.

C’est une irréprochable bro-
chette d’acteurs qui somme toute est au service de ce «Trouble No More», de même qu’une superbe bande sonore de Serge Tonnar, très expressive par ses lignes de banjo, de slide-guitar et d’harmonica. Un film qui cependant persiste dans les excès propres à la trilogie: facilités dans l’autodérision, complaisance dans la crapulerie, démagogie d’un propos visant à flatter le spectateur luxembourgeois dans le sens de son poil le moins reluisant, excès en- core dans le loufoque (le joint de la Grande-Duchesse – fallait oser!), manichéisme enfin d’un univers structuré par une ligne de fracture entre odieux flics et truands au bon coeur, manichéisme à peine tem- péré par l’incise shakespearienne de la fille écartelée entre ce qu’elle
doit au souvenir de son père et ce qu’elle doit à sa fonction de poli- cière.
Ces excès-là cependant sont as- sumés et revendiqués, et ce film vaut par l’adhésion pleine et entière de Bausch à son projet. Loin de quelque «oeuvre de la maturité» le réalisateur a voulu shooter la veine d’un «Troublemaker» fidèle à lui- même, et s’est livré à son propre pastiche avec gourmandise et inso- lence, avec un plaisir qui en défini- tive est le nôtre.
L’avant-première du film «Trouble no More» d’Andy Bausch étant complète le mardi 23 mars au complexe cinématographique Utopolis au Kirch- berg, une seconde projection, également ä l’Utopo- lis et en présence de l’équipe du film, est proposée le mercredi 24 mars à 19 heures, avec une rencontre en début de séance.

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SOURCE: Lëtzebuerger Wort – http://troublenomore.lu
Andy Bausch présente le troisième volet de sa trilogie

Andy Bausch présente «Trouble No More», troisième volet de sa trilogie autour du «Troublemaker» Johnny Chicago. Une trilogie dont l’achèvement fut mis à mal par la disparition de Thierry van Werveke, flamboyant interprète du person- nage emblématique de cet ensem- ble, mais dont le souvenir perdure sous la forme métaphorique d’une urne funéraire conçue comme enjeu central d’un scénario repensé «in extremis» par Bausch.
«Flash back» sur l’an 1988. Nais- sance de Jacques Guddebuer, alias Johnny Chicago. Andy Bausch pré- sente «Troublemaker», premier vo- let d’une trilogie qui fera florès dans le champ cinématographique natio- nal. Car un cinéma «made in Luxem- bourg» advient alors, qui dans un «Minett» en déshérence rêve d’une Amérique fantasmée à travers l’écume des «humpen» et la fumée des pétards. Un cinéma qui de part en part porte la marque de Bausch, séduisant en ses heures premières surtout, quand des films réalisés dans l’urgence et la pénurie tiennent leur attrait de leurs faiblesses appa- rentes, d’une dimension fouillis plu- tôt que fouillée, de leurs outrances trashy-populo, que Bausch revendi- que comme signature stylistique de son objet artistique.
L’objet de Bausch: le loser en maraude, à la fois pathétique et magnifique, entre Blues Brothers et Pieds nickelés, délinquants en quête de coups foireux et toujours foirés. Cet univers-là, résolument «rockambolesque», est marqué par le traitement que le réalisateur à la casquette lui confère: impertinence gouailleuse, autodérision, insolence punky et canaillerie érigée en idéologie, le tout dans un langage trilin- gue et un codage local: le Luxem- bourg se voyait tendre un miroir, en quoi il pouvait par adhésion ou par répulsion trouver matière à l’ex- pression de son imaginaire.
Andy Bausch quoi qu’il en soit est encensé, un réalisateur est né et un acteur advient à ses côtés: Thierry van Werveke bien-sûr, Johnny Chi- cago, le «Troublemaker» par excel- lence. Or «TvW» décède le 12 jan- vier 2009, alors que «Trouble No More», après «Troublemaker» et «Back to Trouble», était appelé à clore, avec TvW, la trilogie de Bausch. Le projet tournerait-il court? Non. Car TvW dans un der- nier souffle avait souhaité que l’aventure se poursuive, et la société Paul Thilges Distribution tenait de même à le mener à terme, achève- ment désormais accompli avec le soutien du Fonspa et d’une société de production suisse, Fama Films.
Ashes to Ashes
Le film débute après le décès de Johnny Chicago. Son associé Chuck Moreno, veut transporter ses cen- dres à Chicago, où ils ont toujours rêvé d’aller. Avant cela, il tente d’associer le frère de Johnny, Ray, dans un coup fumant qui renflouera ses caisses. Or Ray a déjà connu la prison et r fuse de replonger. D’au- tant qu’entre temps la fille de Johnny, Tess, est devenue «flic».
Dans cette nouvelle production, on retrouve des acteurs de la pre- mière heure comme l’excellent En- der Frings, qui interprète Chuck Moreno, Nicole Max dans le rôle de sa femme Jenny et Marco Lorenzini (Ray) qui réussit la prouesse d’être à la fois drôle et bouleversant. Des nouveaux venus sont également à l’affiche, comme Nora Koenig dans le rôle de la fille de Johnny.

C’est une irréprochable bro-
chette d’acteurs qui somme toute est au service de ce «Trouble No More», de même qu’une superbe bande sonore de Serge Tonnar, très expressive par ses lignes de banjo, de slide-guitar et d’harmonica. Un film qui cependant persiste dans les excès propres à la trilogie: facilités dans l’autodérision, complaisance dans la crapulerie, démagogie d’un propos visant à flatter le spectateur luxembourgeois dans le sens de son poil le moins reluisant, excès en- core dans le loufoque (le joint de la Grande-Duchesse – fallait oser!), manichéisme enfin d’un univers structuré par une ligne de fracture entre odieux flics et truands au bon coeur, manichéisme à peine tem- péré par l’incise shakespearienne de la fille écartelée entre ce qu’elle
doit au souvenir de son père et ce qu’elle doit à sa fonction de poli- cière.
Ces excès-là cependant sont as- sumés et revendiqués, et ce film vaut par l’adhésion pleine et entière de Bausch à son projet. Loin de quelque «oeuvre de la maturité» le réalisateur a voulu shooter la veine d’un «Troublemaker» fidèle à lui- même, et s’est livré à son propre pastiche avec gourmandise et inso- lence, avec un plaisir qui en défini- tive est le nôtre.
L’avant-première du film «Trouble no More» d’Andy Bausch étant complète le mardi 23 mars au complexe cinématographique Utopolis au Kirch- berg, une seconde projection, également ä l’Utopo- lis et en présence de l’équipe du film, est proposée le mercredi 24 mars à 19 heures, avec une rencontre en début de séance.

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