Jun 24 2013

«On a lancé Utopia dans un garage désaffecté»

Published by at 04:51 under Screening Room

SOURCE: http://www.lessentiel.lu

LUXEMBOURG – Le CinéBelval appartient désormais à Utopia. Un groupe lancé dans les années 1980 par de jeunes cinéphiles qui ouvrent un petit cinéma. Le directeur se souvient…

Lundi, on apprenait que le CinéBelval passait dans le giron d’Utopia et devenait Utopolis Belval. Par cette acquisition, le groupe luxembourgeois continue son développement et ajoute sept salles à son réseau qui compte déjà 93 écrans au Benelux et en France. Un joli succès pour un groupe qui à son lancement dans les années 1980 n’était qu’une ASBL d’une trentaine de bénévoles. À l’époque Nico Simon, actuel directeur du groupe, avait une trentaine d’années et se préparait à une longue carrière dans l’enseignement. Le succès en a décidé autrement.

L’essentiel Online: Comment est né Utopia?

Nico Simon: Dans les années 1980, on était une trentaine de jeunes cinéphiles et on était frustrés. Plein de films que nous aimions n’étaient pas diffusés au Luxembourg. Et on s’est dit “on n’a qu’à créer une petite salle”. Le 1er décembre 1984 on lançait Utopia dans un garage désaffecté du Glacis. Un an plus tard, face au succès, on ouvrait une deuxième salle sur le même lieu. On voulait être la meilleure salle de la région, je pense qu’on l’a été.

Comment expliquez-vous un tel succès?

On est arrivé au bon moment. Les exploitants traditionnels avaient coulé et vers 1987/1988 de nouvelles salles avaient vendu leur locaux pour des raisons immobilières. L’année d’après en 1989, notre ASBL devenait une société anonyme. Nous avions alors investi notre propre argent dedans. À l’époque nous venions tous d’univers différents. Il y avait des enseignants, des artisans, des opticiens… On avait une seule chose en commun: l’amour du bon cinéma, qu’il soit commercial ou pas.

Le cinéma Utopia est connu pour ne passer que des documentaires, des films d’art et d’essai…

Au début des années 90, rien ne bougeait au Luxembourg. Personne n’investissait dans le cinéma, on était les seuls. À l’Utopia, Godard côtoyait du Schwarzenegger. C’était génial! Aujourd’hui l’Utopia n’est pas un cinéma d’art et d’essai comme on peut le connaître en France. On vise plusieurs publics. Et cela dans les deux cinémas.

D’ailleurs, est-ce que l’Utopia survivrait sans l’Utopolis?

Les deux fonctionnent, les deux sont rentables. Si ce n’était pas le cas ce serait le signe d’une très mauvaise gestion économique. C’est sûr que pour l’Utopia c’est un peu plus difficile mais il est viable. Il faut qu’il le soit. Il n’y a pas de subventions au Luxembourg.

Et l’Utopolis est né quand?

En 1991, je quitte mes fonctions dans l’enseignement pour me concentrer sur un gros projet: le lancement d’un autre cinéma. Je prend les commandes. En s’associant avec des financiers, on ouvre l’Utopolis en 1996. Le succès est immédiat et trois ans plus tard nous ouvrons une salle en Flandre, puis aux Pays-Bas dans les années 2000.

Le groupe était né. L’amour du cinéma prévaut toujours?

Nous aimons d’abord le cinéma et si nous pouvons le rentabiliser tant mieux. Il vaut mieux que ce soit des amoureux qui le fassent!

Pourquoi avoir racheté le CinéBelval?

Nous étions impliqués dans le développement initial de Belval en 1997. Pour des raisons x et y ça ne s’est pas fait. Mais à l’époque le potentiel était là et il l’est toujours. Avec la future installation de l’université, le développement va être très significatif.

(Fatima Rougi/L’essentiel Online)

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SOURCE: http://www.lessentiel.lu

LUXEMBOURG – Le CinéBelval appartient désormais à Utopia. Un groupe lancé dans les années 1980 par de jeunes cinéphiles qui ouvrent un petit cinéma. Le directeur se souvient…

Lundi, on apprenait que le CinéBelval passait dans le giron d’Utopia et devenait Utopolis Belval. Par cette acquisition, le groupe luxembourgeois continue son développement et ajoute sept salles à son réseau qui compte déjà 93 écrans au Benelux et en France. Un joli succès pour un groupe qui à son lancement dans les années 1980 n’était qu’une ASBL d’une trentaine de bénévoles. À l’époque Nico Simon, actuel directeur du groupe, avait une trentaine d’années et se préparait à une longue carrière dans l’enseignement. Le succès en a décidé autrement.

L’essentiel Online: Comment est né Utopia?

Nico Simon: Dans les années 1980, on était une trentaine de jeunes cinéphiles et on était frustrés. Plein de films que nous aimions n’étaient pas diffusés au Luxembourg. Et on s’est dit “on n’a qu’à créer une petite salle”. Le 1er décembre 1984 on lançait Utopia dans un garage désaffecté du Glacis. Un an plus tard, face au succès, on ouvrait une deuxième salle sur le même lieu. On voulait être la meilleure salle de la région, je pense qu’on l’a été.

Comment expliquez-vous un tel succès?

On est arrivé au bon moment. Les exploitants traditionnels avaient coulé et vers 1987/1988 de nouvelles salles avaient vendu leur locaux pour des raisons immobilières. L’année d’après en 1989, notre ASBL devenait une société anonyme. Nous avions alors investi notre propre argent dedans. À l’époque nous venions tous d’univers différents. Il y avait des enseignants, des artisans, des opticiens… On avait une seule chose en commun: l’amour du bon cinéma, qu’il soit commercial ou pas.

Le cinéma Utopia est connu pour ne passer que des documentaires, des films d’art et d’essai…

Au début des années 90, rien ne bougeait au Luxembourg. Personne n’investissait dans le cinéma, on était les seuls. À l’Utopia, Godard côtoyait du Schwarzenegger. C’était génial! Aujourd’hui l’Utopia n’est pas un cinéma d’art et d’essai comme on peut le connaître en France. On vise plusieurs publics. Et cela dans les deux cinémas.

D’ailleurs, est-ce que l’Utopia survivrait sans l’Utopolis?

Les deux fonctionnent, les deux sont rentables. Si ce n’était pas le cas ce serait le signe d’une très mauvaise gestion économique. C’est sûr que pour l’Utopia c’est un peu plus difficile mais il est viable. Il faut qu’il le soit. Il n’y a pas de subventions au Luxembourg.

Et l’Utopolis est né quand?

En 1991, je quitte mes fonctions dans l’enseignement pour me concentrer sur un gros projet: le lancement d’un autre cinéma. Je prend les commandes. En s’associant avec des financiers, on ouvre l’Utopolis en 1996. Le succès est immédiat et trois ans plus tard nous ouvrons une salle en Flandre, puis aux Pays-Bas dans les années 2000.

Le groupe était né. L’amour du cinéma prévaut toujours?

Nous aimons d’abord le cinéma et si nous pouvons le rentabiliser tant mieux. Il vaut mieux que ce soit des amoureux qui le fassent!

Pourquoi avoir racheté le CinéBelval?

Nous étions impliqués dans le développement initial de Belval en 1997. Pour des raisons x et y ça ne s’est pas fait. Mais à l’époque le potentiel était là et il l’est toujours. Avec la future installation de l’université, le développement va être très significatif.

(Fatima Rougi/L’essentiel Online)

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