Nov 11 2010

“Réfractaire” : retour raté sur le passé d’un grand duché

Published by at 01:49 under Articles,Français,Screening Room

SOURCE: http://www.lemonde.fr

Le Luxembourg vient d’être annexé par l’Allemagne nazie, qui s’empresse d’enrôler les jeunes hommes sous sa bannière. Les récalcitrants sont devant un dilemme : soit partir sur le front avec les nazis, soit déserter, au risque de voir envoyer leurs parents en déportation par représailles.

François, 21 ans, choisit la seconde solution, celle des réfractaires qui se cachent dans une mine, enterrés vivants pour des mois, des années.

Nicolas Steil a choisi d’évoquer cette page méconnue de l’histoire de son pays et de renvoyer le spectateur à sa conscience : qu’aurait-il fait lui-même en pareilles circonstances ?

Construit sur une trame linéaire rythmée de flashes back qui montrent le passé immédiat du héros, son opposition à un père qui a fait le choix de servir le Reich et qui fut assassiné par un résistant communiste, la dérive mentale de sa mère qui se met à jouer compulsivement du piano…

Voilà donc François, fils d’un partisan d’Hitler, accueilli en conséquence avec hostilité et méfiance dans la mine par ses compagnons, découvrant la rudesse de cette vie souterraine, sortant la nuit pour suivre un réfractaire dont le comportement lui paraît louche, se réfugiant chez la femme d’un collabo qui l’attire dans son lit…

Le scénario ne manque pas d’action, au point de transformer assez vite le calvaire d’un condamné à l’enfermement (mine, cave, nuit permanente) en thriller. Ce choix d’abandonner le huis clos, de privilégier des épisodes d’angoisses individuelles (sera-t-il tué par cette brute communiste qui l’a pris en grippe, épinglé par une patrouille allemande, découvert par le mari trompé ?) se fait au détriment de ce que visait l’auteur (“prendre la hauteur nécessaire afin d’analyser le cours des choses”). Au demeurant, la réalisation est du niveau d’un téléfilm.

Comments

comments

SOURCE: http://www.lemonde.fr

Le Luxembourg vient d’être annexé par l’Allemagne nazie, qui s’empresse d’enrôler les jeunes hommes sous sa bannière. Les récalcitrants sont devant un dilemme : soit partir sur le front avec les nazis, soit déserter, au risque de voir envoyer leurs parents en déportation par représailles.

François, 21 ans, choisit la seconde solution, celle des réfractaires qui se cachent dans une mine, enterrés vivants pour des mois, des années.

Nicolas Steil a choisi d’évoquer cette page méconnue de l’histoire de son pays et de renvoyer le spectateur à sa conscience : qu’aurait-il fait lui-même en pareilles circonstances ?

Construit sur une trame linéaire rythmée de flashes back qui montrent le passé immédiat du héros, son opposition à un père qui a fait le choix de servir le Reich et qui fut assassiné par un résistant communiste, la dérive mentale de sa mère qui se met à jouer compulsivement du piano…

Voilà donc François, fils d’un partisan d’Hitler, accueilli en conséquence avec hostilité et méfiance dans la mine par ses compagnons, découvrant la rudesse de cette vie souterraine, sortant la nuit pour suivre un réfractaire dont le comportement lui paraît louche, se réfugiant chez la femme d’un collabo qui l’attire dans son lit…

Le scénario ne manque pas d’action, au point de transformer assez vite le calvaire d’un condamné à l’enfermement (mine, cave, nuit permanente) en thriller. Ce choix d’abandonner le huis clos, de privilégier des épisodes d’angoisses individuelles (sera-t-il tué par cette brute communiste qui l’a pris en grippe, épinglé par une patrouille allemande, découvert par le mari trompé ?) se fait au détriment de ce que visait l’auteur (“prendre la hauteur nécessaire afin d’analyser le cours des choses”). Au demeurant, la réalisation est du niveau d’un téléfilm.

Comments

comments

No responses yet

Trackback URI | Comments RSS

Leave a Reply