Mar 15 2009

Reste bien, mec ! selon Caramba

Published by at 15:28 under Screening Room

source: www.caramba.lu 

Interview avec Adolf El Assal, réalisateur de Reste bien,mec!

«Quel est le sujet et l’histoire de ton film ? »

Adolf El Assal : « Il reprend le sujet de mon film précédent « Divizionz », qui était un drame et se jouait en Uganda, alors que celui-ci est une comédie, tournée au Luxembourg avec quelques scènes jouées à l’étranger. 5 copains se rencontrent et veulent réussir dans le domaine de la musique rap et hip-hop. Le spectateur peut les suivre pendant quelques jours, découvrir les personnages qu’ils rencontrent, les liens qui se font et se défont, une histoire d’amour qui se développe, etc. Les dialogues sont pleins d’humour, les situations comiques. La plupart sont inspirées de nos propres vies. Vu qu’il n’y a pas de scénario, chaque acteur a pu ajouter sa petite touche personnelle. Mais tout est rigoureusement typique du Luxembourg et c’est là-dessus que j’insiste. » 

« Qui sont les acteurs ? »

A.E.A. : « Tous des jeunes du Luxembourg, nationalités mélangées. Certains sont déjà très affirmés dans le monde musical, comme Diego « Godié » Castello des groupes ALS et Allella Boyz, Edoardo « Cico »  Inzolia des Uranami et Allella Boyz, Tony « Nytt » Bitegets des Bossmen. Nous nous sommes connus à travers les vidéoclips que je tournais pour eux. Pendant l’été, nous avons voulu faire un court-métrage, mais comme nous avons accumulé tant de scènes, nous en avons tiré un long-métrage. Voilà ! »

 « Quel est le message que tu veux faire passer ? »

A.E.A. : « En fait, il y en a trois. D’abord montrer que même avec très peu d’argent on peut réussir à faire un film de qualité en utilisant la technologie qui nous est facilement disponible, porter à l’écran des gens talentueux et raconter des histoires intéressantes. Ensuite, montrer aux Luxembourgeois une partie de leur culture qui fait partie de leur quotidien désormais, mais qu’ils ne connaissent pas : la culture hip-hop. En dernier lieu, retrouver les racines du hip-hop, tel qu’il fut pratiqué il y a trente ans, sans violence et « bling bling » artificiel. »

 « Qui a composé la musique ? »

A.E.A. : « Elle a été entièrement composée par Eric « C.H.I. » Bintz et Edoardo « Cico » Inzolia, deux producteurs de musique bien établis dans ce domaine, tant au Luxembourg qu’à l’étranger. Toute la musique est originale et issue d’un projet, appelé « L.X. », que les A.L.S. et Bossmen ont mis en place pendant l’été 2008 et par lequel on a l’intention de faire pas mal de travaux très intéressants… »

 « Parle-nous de toi, de tes origines. »

A.E.A. : « Je vis au Grand-Duché et j’y ai passé une très bonne partie de ma vie, mais je suis né à Alexandrie en Egypte et  j’ai vécu à Doubaï et à Londres. J’ai 5 frères et sœurs, plus jeunes, presque tous engagés dans le métier de pharmacien, comme mon père.  Après mon bac, j’ai fait des études de journalisme à la Kingston University de Londres et un cours d’introduction au cinéma digital, car j’ai toujours aimé me balader avec une caméra. A présent je parcours le monde de festival en festival avec mon film précédent  « Divizionz », qui a un succès incroyable. J’ai produit ce film avec Donald Mugisha et James Tayler, nous avons déjà gagné de nombreux prix internationaux et nous avons participé à la « Berlinale » en 2008. Une expérience formidable, surtout de voir notre film à côté de celui de Martin Scorsese sur les Rolling Stones et celui de Madonna! Depuis, le film a fait une cinquantaine de festivals, Londres, Los Angeles, Karlovy Vary, Amiens, Goteborg, etc. »

 « Quels sont tes projets futurs ? »

A.E.A. : « J’ai trois projets en dévelopment, un court-métrage, un long-métrage et un documentaire. Tous les trois, j’aimerais les faire produire « professionnellement » pendant les deux années à venir. En dehors de cela, comme je suis assez « business-minded » pour ne pas rester sans rien faire, j’accepte toutes les activités, de la plus humble à la plus sophistiquée et je me réjouis de toute chose qui me fasse sentir productif, utile, mais indépendant. »

                                                                               Delia Pifarotti  

Reste bien, mec !

 Avec de l’énergie à en revendre, des idées plein la tête, une veine créative en ébullition et de l’optimisme franchement contagieux, Ady (Adolf) El Assal est en train de donner son empreinte toute personnelle au monde cinématographique luxembourgeois. Et du coup, après le succès international de « Divizionz », son premier long-métrage (coproduit),  après de nombreux court-métrages, vidéoclips et documentaires tournés avec les moyens du bord, sans prétentions ni arrogance, il débarque avec « Reste bien, mec ! ».

 Ce long-métrage de 85 min, tourné pendant quinze jours au mois de septembre 2008, est une petite prouesse, car réaliser un film en si peu de temps, sans scénario, et… sans budget, ce n’est pas évident ! Mais Ady avait compris que les mecs pour lesquels il tournait les clips, avaient du talent, se sentaient à l’aise et auraient su inventer des situations et improviser des dialogues devant sa caméra, à travers laquelle il voit et façonne son univers. Il y avait donc du pain sur la planche et Ady, en bélier têtu qu’il est, a foncé avec enthousiasme dans la réalisation de cette comédie !

 Et voilà, le résultat est là, prêt à être savouré, critiqué ou loué par le grand public. Mais, au fait, ça veut dire quoi « Reste bien, mec ! » ? C’est du français, ça ? Eh oui, c’est le néo-français typique du Luxembourg, pays cosmopolite par excellence, ouvert à toutes les cultures et influencé, à son tour, par les communautés d’immigrés qui y vivent. La langue étant un terrain malléable, les jeunes ont tout simplement repris et traduit l’expression portugaise « Fica bem ! », par laquelle on souhaite du bien à son interlocuteur. « Reste bien, mec ! » n’est autre qu’un symbole de bien-être et de paix, d’intégration réussie par la valorisation conjointe de sa propre identité, que ce soit dans les relations interhumaines, dans le monde du travail, ou aussi, porté sur grand écran par Ady, dans le milieu de la musique. 

Dans une interview faite en luxembourgeois, Ady nous a fourni quelques explications en plus. Il a su nous charmer par sa manière « cool » et positive de voir la vie et d’affronter les problèmes, par la myriade d’expériences qu’il a déjà vécues en 27 ans, seul ou en famille, par ses grands yeux d’Egyptien et sa physionomie moyen-orientale, lui conférant un brin de mystique exotisme …

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source: www.caramba.lu 

Interview avec Adolf El Assal, réalisateur de Reste bien,mec!

«Quel est le sujet et l’histoire de ton film ? »

Adolf El Assal : « Il reprend le sujet de mon film précédent « Divizionz », qui était un drame et se jouait en Uganda, alors que celui-ci est une comédie, tournée au Luxembourg avec quelques scènes jouées à l’étranger. 5 copains se rencontrent et veulent réussir dans le domaine de la musique rap et hip-hop. Le spectateur peut les suivre pendant quelques jours, découvrir les personnages qu’ils rencontrent, les liens qui se font et se défont, une histoire d’amour qui se développe, etc. Les dialogues sont pleins d’humour, les situations comiques. La plupart sont inspirées de nos propres vies. Vu qu’il n’y a pas de scénario, chaque acteur a pu ajouter sa petite touche personnelle. Mais tout est rigoureusement typique du Luxembourg et c’est là-dessus que j’insiste. » 

« Qui sont les acteurs ? »

A.E.A. : « Tous des jeunes du Luxembourg, nationalités mélangées. Certains sont déjà très affirmés dans le monde musical, comme Diego « Godié » Castello des groupes ALS et Allella Boyz, Edoardo « Cico »  Inzolia des Uranami et Allella Boyz, Tony « Nytt » Bitegets des Bossmen. Nous nous sommes connus à travers les vidéoclips que je tournais pour eux. Pendant l’été, nous avons voulu faire un court-métrage, mais comme nous avons accumulé tant de scènes, nous en avons tiré un long-métrage. Voilà ! »

 « Quel est le message que tu veux faire passer ? »

A.E.A. : « En fait, il y en a trois. D’abord montrer que même avec très peu d’argent on peut réussir à faire un film de qualité en utilisant la technologie qui nous est facilement disponible, porter à l’écran des gens talentueux et raconter des histoires intéressantes. Ensuite, montrer aux Luxembourgeois une partie de leur culture qui fait partie de leur quotidien désormais, mais qu’ils ne connaissent pas : la culture hip-hop. En dernier lieu, retrouver les racines du hip-hop, tel qu’il fut pratiqué il y a trente ans, sans violence et « bling bling » artificiel. »

 « Qui a composé la musique ? »

A.E.A. : « Elle a été entièrement composée par Eric « C.H.I. » Bintz et Edoardo « Cico » Inzolia, deux producteurs de musique bien établis dans ce domaine, tant au Luxembourg qu’à l’étranger. Toute la musique est originale et issue d’un projet, appelé « L.X. », que les A.L.S. et Bossmen ont mis en place pendant l’été 2008 et par lequel on a l’intention de faire pas mal de travaux très intéressants… »

 « Parle-nous de toi, de tes origines. »

A.E.A. : « Je vis au Grand-Duché et j’y ai passé une très bonne partie de ma vie, mais je suis né à Alexandrie en Egypte et  j’ai vécu à Doubaï et à Londres. J’ai 5 frères et sœurs, plus jeunes, presque tous engagés dans le métier de pharmacien, comme mon père.  Après mon bac, j’ai fait des études de journalisme à la Kingston University de Londres et un cours d’introduction au cinéma digital, car j’ai toujours aimé me balader avec une caméra. A présent je parcours le monde de festival en festival avec mon film précédent  « Divizionz », qui a un succès incroyable. J’ai produit ce film avec Donald Mugisha et James Tayler, nous avons déjà gagné de nombreux prix internationaux et nous avons participé à la « Berlinale » en 2008. Une expérience formidable, surtout de voir notre film à côté de celui de Martin Scorsese sur les Rolling Stones et celui de Madonna! Depuis, le film a fait une cinquantaine de festivals, Londres, Los Angeles, Karlovy Vary, Amiens, Goteborg, etc. »

 « Quels sont tes projets futurs ? »

A.E.A. : « J’ai trois projets en dévelopment, un court-métrage, un long-métrage et un documentaire. Tous les trois, j’aimerais les faire produire « professionnellement » pendant les deux années à venir. En dehors de cela, comme je suis assez « business-minded » pour ne pas rester sans rien faire, j’accepte toutes les activités, de la plus humble à la plus sophistiquée et je me réjouis de toute chose qui me fasse sentir productif, utile, mais indépendant. »

                                                                               Delia Pifarotti  

Reste bien, mec !

 Avec de l’énergie à en revendre, des idées plein la tête, une veine créative en ébullition et de l’optimisme franchement contagieux, Ady (Adolf) El Assal est en train de donner son empreinte toute personnelle au monde cinématographique luxembourgeois. Et du coup, après le succès international de « Divizionz », son premier long-métrage (coproduit),  après de nombreux court-métrages, vidéoclips et documentaires tournés avec les moyens du bord, sans prétentions ni arrogance, il débarque avec « Reste bien, mec ! ».

 Ce long-métrage de 85 min, tourné pendant quinze jours au mois de septembre 2008, est une petite prouesse, car réaliser un film en si peu de temps, sans scénario, et… sans budget, ce n’est pas évident ! Mais Ady avait compris que les mecs pour lesquels il tournait les clips, avaient du talent, se sentaient à l’aise et auraient su inventer des situations et improviser des dialogues devant sa caméra, à travers laquelle il voit et façonne son univers. Il y avait donc du pain sur la planche et Ady, en bélier têtu qu’il est, a foncé avec enthousiasme dans la réalisation de cette comédie !

 Et voilà, le résultat est là, prêt à être savouré, critiqué ou loué par le grand public. Mais, au fait, ça veut dire quoi « Reste bien, mec ! » ? C’est du français, ça ? Eh oui, c’est le néo-français typique du Luxembourg, pays cosmopolite par excellence, ouvert à toutes les cultures et influencé, à son tour, par les communautés d’immigrés qui y vivent. La langue étant un terrain malléable, les jeunes ont tout simplement repris et traduit l’expression portugaise « Fica bem ! », par laquelle on souhaite du bien à son interlocuteur. « Reste bien, mec ! » n’est autre qu’un symbole de bien-être et de paix, d’intégration réussie par la valorisation conjointe de sa propre identité, que ce soit dans les relations interhumaines, dans le monde du travail, ou aussi, porté sur grand écran par Ady, dans le milieu de la musique. 

Dans une interview faite en luxembourgeois, Ady nous a fourni quelques explications en plus. Il a su nous charmer par sa manière « cool » et positive de voir la vie et d’affronter les problèmes, par la myriade d’expériences qu’il a déjà vécues en 27 ans, seul ou en famille, par ses grands yeux d’Egyptien et sa physionomie moyen-orientale, lui conférant un brin de mystique exotisme …

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