Jun 06 2009

sortie de Réfractaire

Published by at 01:00 under Screening Room

source: http://www.point24.lu/point24/web/loisirsetculture/article/25241/interview-de-raphel-tilliette-emile.php

Interview de Raphaël Tilliette
A l’occasion de la sortie le 5 juin dans les salles luxembourgeoises du film Réfractaire de Nicolas Steil, Point24 s’est entretenu avec l’acteur Raphaël Tilliette qui joue le rôle d’Emile.

Comment avez-vous rencontré Nicolas Steil ?
J’ai fait une audition pour le rôle d’Emile qui était asthmatique, et qui était à pourvoir au dernier moment. J’ai passé le casting et j’ai reçu le scénario, le sujet m’a beaucoup plu, et ça m’a donné envie de participer à l’aventure.

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ce film, étiez-vous au courant des faits, de l’histoire ?
Je n’étais pas du tout au courant ! Pas une fois dans ma scolarité on m’a parlé des réfractaires, ces personnes qui ont du passer des mois et des mois enfermés dans une mine, dont certain ont dû rester trois ans.

C’est un film très dur, très marquant, il fait partie des films qui peuvent hantés les acteurs. Est-que le tournage n’a pas été trop dur psychologiquement ?
Ce qu’il faut savoir c’est que l’on a été prépare deux semaines avant à toute la page historique. On a pu être nourri des faits, des personnages, d’une manière très pointilleuse, pour pouvoir le retransmettre à l’écran. On a eu beaucoup d’anecdotes réelles, historiques et personnelles car Nicolas Steil a lui aussi un attachement très particulier à ce film, c’est pas du tout anodin.

C’est extrêmement plaisant de sentir un réalisateur si imprégné, que ce soit son histoire, l’histoire de son pays. On nous a fais vivre ensemble, il a crée cette cohésion avant même que le film ne commence. Il nous a amené un par un, en nous racontant l’histoire de notre personnage, c’était très pointilleux, on a été très bien préparé.

C’est un tournage qui prend et qui marque et ce fut une belle expérience.

C’est un sujet très lourd, que beaucoup de gens ignorent. Qu’aimeriez-vous que les gens retiennent de ce film ?
Je ne voudrais pas qu’ils retiennent cette notion de culpabilité ; souvent dans les films, il y a une notion de culpabilité. Notre génération a rien à voir avec tout ça, mais bien sûr c’est très intéressant d’avoir un regard objectif, de se nourrir de ça et d’apporter des conclusions pour ne pas le reproduire. Il faut le savoir que ça a existé, c’est la nature de l’homme même qui est pointée du doigt. Il n’y a pas de honte à avoir une fragilité, l’humain a différentes facettes, et qu’être humain c’est d’assumer toutes ces facettes, le fait d’en galvauder une c’est se renier soi-même, pour ne pas refaire les mêmes erreurs mais pour savoir ce qu’on ferai dans de telles situations il faut se connaître et s’assumer pleinement, mais ça c’est l’œuvre de toute une vie.

Tous les acteurs donnent tout dans leurs rôles, on l’a bien vu dans le film, ça a été difficile de vous défaire de vos rôles respectifs de ce défaire du personnage ?
Très honnêtement j’ai toujours dissocié ma personnalité et les personnages que je dois jouer. Par exemple pour la scène de ma mort, il faut vraiment y croire ! Car si l’acteur n’y croit pas, personne n’y croira… Mais ça fait partie pour moi du métier, de toute façon on laisse toujours quelque chose… mais j’ai plus tendance à gagner quelque chose que de laisser quelque chose derrière moi.

Mais je n’en suis pas ressorti indemne! Emile est présent, dans la mesure où j’ai compris qu’être un homme c’est être soi-même, être fragile, être fort et savoir jongler entre les deux. Alors historiquement et intellectuellement ça m’a enrichi en expérience et ça m’a apporté un nouvel intérêt, un autre angle.

C’est pour ça que je fais ce métier, pour explorer les facettes du quotidien qu’on essaye d’évincer et mon personnage d’Emile m’a vraiment conduit sur cette voie.

C’est un film à huis clos qui dénonce les atrocités de la guerre et ce que les gens étaient prêts à faire au risque de leur vie, il montre aussi les conséquences de l’enfermement. Est-ce que la dureté du sujet a quand même pu rendre le tournage agréable malgré les difficultés des lieux etc…
Il faut qu’il y est une bonne équipe c’est primordial, ce sont des conditions assez dures de tournage mais l’entente et le respect mutuel entre l’équipe est vraiment le plus important.

Que retenez-vous globalement de cette expérience ?
Le fait que l’on est dépendant de ce qu’on est physiquement, la vie, le destin et les conditions dans lesquels on les vit. Le fait d’aller au front, se cacher dans les mines, ce sont des problématiques qui m’étaient complètement étrangères, et de ce dire qu’il y a des jeunes de mon âge qui été entrain de mourir au front alors que nous on se plaint dès que notre wifi ne marche pas… Et le fait que le réalisateur ait prit une vraie mine comme décor, c’est très important. J’en garde une force et une vraie connaissance de moi-même.

Seriez-vous prêts à refaire un film avec Nicolas Steil ?
Bien sûr sans hésitation ! C’était très bien orchestré par Nicolas, on a tourné en hiver. Et pour être à 8h du matin dans la mine, on devait se lever à 5h du matin pour le maquillage, dans le froid, on vivait pratiquement dans la mine, et même le fait d’avoir fait la cantine et les endroits de repos dans la mine c’est vraiment un choix technique et pas du tout anodin.

Quelle est votre actualité théâtre ou cinématographique ?
Au théâtre je viens de finir une pièce à la Gaîté Montparnasse et au Petit Montparnasse, une comédie, avec cent cinquante dates. On va faire une tournée en janvier prochain et j’espère que je pourrais revenir ici pour la pièce. J’ai un film qui est en préparation sur un groupe de jeunes qui montent un groupe de rock, encore un autre registre différent… et un projet théâtral, au Théâtre des Mathurains, à Paris.

source: http://cineuropa.org/ffocusarticle.aspx?lang=en&treeID=1983&documentID=108862
Réfractaire
Mining local history
Luxembourg producer-turned-director Nicolas Steil explores a relatively unknown part of WWII history for his coming-of-age drama Réfractaire

by Boyd van Hoeij

Fiction films set during or about the effects of WWII are a staple of the film diet of many European countries, but this is not really the case for the Grand Duchy of Luxembourg, whose local output amounts to just a handful of feature films each year.

In the French-language production Réfractaire, Luxembourg producer-turned-director Nicolas Steil explores a relatively unknown part of local WWII history by telling the story of the men who refused to be sent to the front to fight at the German side after the country was annexed by the Third Reich. Instead, they went into hiding in the disused parts of the iron mines in the south of the country.

Together with co-screenwriter Jean-Louis Schlesser, Steil has extensively researched the story of these réfractaires (“refractory people”) who occupied a grey area between the more active resistance and the collaborators – depending on the former for food, medicine and news from the outside world while hiding from the latter. Because other parts of the mines were in use during the day, the people in hiding reversed their day-and-night rhythms to avoid calling attention to themselves.

Fictional protagonist François (doe-eyed Grégoire Leprince-Ringuet, from Love Songs) is a 20-year-old local boy who refuses to go to a German university as his collaborator father demands, perhaps because he is more artistically inclined, like his mother. He becomes a réfractaire and is guided to the hideout in the mines because of a family friend who trusts him despite the fact his father is a party member.

The arrival of François creates friction among those already in hiding, allowing Steil to show the fragile status quo of this ragtag group of people who rarely saw the light of day. François himself will be forced to grow up quickly and define his own personality if he wants to stand a chance among these roughnecks, which the filmmaker shows – at times relying a bit too much on clichés – by turning François from a timid boy into a valued member of the resistance.

Production designer Christina Schaffer recreates a 1940s Luxembourg that looks treacherous both above and below ground and cinematographer Denis Jutzeler deftly keeps his camera moving. Actors, a mix of local character actors and young French talents, make for a believably motley crew.

Réfractaire is a Luxembourg-Swiss co-production, produced by Steil’s Luxembourg production company Iris Production and Lausanne-based CAB Productions, who have collaborated on several features before, notably on Dominique Rivaz’ Lift for Sale. It was produced with backing from the Luxembourg Film Fund, Swiss broadcaster TSR, Swiss Office fédéral de la culture and MEDIA Programme of the European Union.

Propos recueillis par Céline Agnès

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source: http://www.point24.lu/point24/web/loisirsetculture/article/25241/interview-de-raphel-tilliette-emile.php

Interview de Raphaël Tilliette
A l’occasion de la sortie le 5 juin dans les salles luxembourgeoises du film Réfractaire de Nicolas Steil, Point24 s’est entretenu avec l’acteur Raphaël Tilliette qui joue le rôle d’Emile.

Comment avez-vous rencontré Nicolas Steil ?
J’ai fait une audition pour le rôle d’Emile qui était asthmatique, et qui était à pourvoir au dernier moment. J’ai passé le casting et j’ai reçu le scénario, le sujet m’a beaucoup plu, et ça m’a donné envie de participer à l’aventure.

Qu’est-ce qui vous a poussé à faire ce film, étiez-vous au courant des faits, de l’histoire ?
Je n’étais pas du tout au courant ! Pas une fois dans ma scolarité on m’a parlé des réfractaires, ces personnes qui ont du passer des mois et des mois enfermés dans une mine, dont certain ont dû rester trois ans.

C’est un film très dur, très marquant, il fait partie des films qui peuvent hantés les acteurs. Est-que le tournage n’a pas été trop dur psychologiquement ?
Ce qu’il faut savoir c’est que l’on a été prépare deux semaines avant à toute la page historique. On a pu être nourri des faits, des personnages, d’une manière très pointilleuse, pour pouvoir le retransmettre à l’écran. On a eu beaucoup d’anecdotes réelles, historiques et personnelles car Nicolas Steil a lui aussi un attachement très particulier à ce film, c’est pas du tout anodin.

C’est extrêmement plaisant de sentir un réalisateur si imprégné, que ce soit son histoire, l’histoire de son pays. On nous a fais vivre ensemble, il a crée cette cohésion avant même que le film ne commence. Il nous a amené un par un, en nous racontant l’histoire de notre personnage, c’était très pointilleux, on a été très bien préparé.

C’est un tournage qui prend et qui marque et ce fut une belle expérience.

C’est un sujet très lourd, que beaucoup de gens ignorent. Qu’aimeriez-vous que les gens retiennent de ce film ?
Je ne voudrais pas qu’ils retiennent cette notion de culpabilité ; souvent dans les films, il y a une notion de culpabilité. Notre génération a rien à voir avec tout ça, mais bien sûr c’est très intéressant d’avoir un regard objectif, de se nourrir de ça et d’apporter des conclusions pour ne pas le reproduire. Il faut le savoir que ça a existé, c’est la nature de l’homme même qui est pointée du doigt. Il n’y a pas de honte à avoir une fragilité, l’humain a différentes facettes, et qu’être humain c’est d’assumer toutes ces facettes, le fait d’en galvauder une c’est se renier soi-même, pour ne pas refaire les mêmes erreurs mais pour savoir ce qu’on ferai dans de telles situations il faut se connaître et s’assumer pleinement, mais ça c’est l’œuvre de toute une vie.

Tous les acteurs donnent tout dans leurs rôles, on l’a bien vu dans le film, ça a été difficile de vous défaire de vos rôles respectifs de ce défaire du personnage ?
Très honnêtement j’ai toujours dissocié ma personnalité et les personnages que je dois jouer. Par exemple pour la scène de ma mort, il faut vraiment y croire ! Car si l’acteur n’y croit pas, personne n’y croira… Mais ça fait partie pour moi du métier, de toute façon on laisse toujours quelque chose… mais j’ai plus tendance à gagner quelque chose que de laisser quelque chose derrière moi.

Mais je n’en suis pas ressorti indemne! Emile est présent, dans la mesure où j’ai compris qu’être un homme c’est être soi-même, être fragile, être fort et savoir jongler entre les deux. Alors historiquement et intellectuellement ça m’a enrichi en expérience et ça m’a apporté un nouvel intérêt, un autre angle.

C’est pour ça que je fais ce métier, pour explorer les facettes du quotidien qu’on essaye d’évincer et mon personnage d’Emile m’a vraiment conduit sur cette voie.

C’est un film à huis clos qui dénonce les atrocités de la guerre et ce que les gens étaient prêts à faire au risque de leur vie, il montre aussi les conséquences de l’enfermement. Est-ce que la dureté du sujet a quand même pu rendre le tournage agréable malgré les difficultés des lieux etc…
Il faut qu’il y est une bonne équipe c’est primordial, ce sont des conditions assez dures de tournage mais l’entente et le respect mutuel entre l’équipe est vraiment le plus important.

Que retenez-vous globalement de cette expérience ?
Le fait que l’on est dépendant de ce qu’on est physiquement, la vie, le destin et les conditions dans lesquels on les vit. Le fait d’aller au front, se cacher dans les mines, ce sont des problématiques qui m’étaient complètement étrangères, et de ce dire qu’il y a des jeunes de mon âge qui été entrain de mourir au front alors que nous on se plaint dès que notre wifi ne marche pas… Et le fait que le réalisateur ait prit une vraie mine comme décor, c’est très important. J’en garde une force et une vraie connaissance de moi-même.

Seriez-vous prêts à refaire un film avec Nicolas Steil ?
Bien sûr sans hésitation ! C’était très bien orchestré par Nicolas, on a tourné en hiver. Et pour être à 8h du matin dans la mine, on devait se lever à 5h du matin pour le maquillage, dans le froid, on vivait pratiquement dans la mine, et même le fait d’avoir fait la cantine et les endroits de repos dans la mine c’est vraiment un choix technique et pas du tout anodin.

Quelle est votre actualité théâtre ou cinématographique ?
Au théâtre je viens de finir une pièce à la Gaîté Montparnasse et au Petit Montparnasse, une comédie, avec cent cinquante dates. On va faire une tournée en janvier prochain et j’espère que je pourrais revenir ici pour la pièce. J’ai un film qui est en préparation sur un groupe de jeunes qui montent un groupe de rock, encore un autre registre différent… et un projet théâtral, au Théâtre des Mathurains, à Paris.

source: http://cineuropa.org/ffocusarticle.aspx?lang=en&treeID=1983&documentID=108862
Réfractaire
Mining local history
Luxembourg producer-turned-director Nicolas Steil explores a relatively unknown part of WWII history for his coming-of-age drama Réfractaire

by Boyd van Hoeij

Fiction films set during or about the effects of WWII are a staple of the film diet of many European countries, but this is not really the case for the Grand Duchy of Luxembourg, whose local output amounts to just a handful of feature films each year.

In the French-language production Réfractaire, Luxembourg producer-turned-director Nicolas Steil explores a relatively unknown part of local WWII history by telling the story of the men who refused to be sent to the front to fight at the German side after the country was annexed by the Third Reich. Instead, they went into hiding in the disused parts of the iron mines in the south of the country.

Together with co-screenwriter Jean-Louis Schlesser, Steil has extensively researched the story of these réfractaires (“refractory people”) who occupied a grey area between the more active resistance and the collaborators – depending on the former for food, medicine and news from the outside world while hiding from the latter. Because other parts of the mines were in use during the day, the people in hiding reversed their day-and-night rhythms to avoid calling attention to themselves.

Fictional protagonist François (doe-eyed Grégoire Leprince-Ringuet, from Love Songs) is a 20-year-old local boy who refuses to go to a German university as his collaborator father demands, perhaps because he is more artistically inclined, like his mother. He becomes a réfractaire and is guided to the hideout in the mines because of a family friend who trusts him despite the fact his father is a party member.

The arrival of François creates friction among those already in hiding, allowing Steil to show the fragile status quo of this ragtag group of people who rarely saw the light of day. François himself will be forced to grow up quickly and define his own personality if he wants to stand a chance among these roughnecks, which the filmmaker shows – at times relying a bit too much on clichés – by turning François from a timid boy into a valued member of the resistance.

Production designer Christina Schaffer recreates a 1940s Luxembourg that looks treacherous both above and below ground and cinematographer Denis Jutzeler deftly keeps his camera moving. Actors, a mix of local character actors and young French talents, make for a believably motley crew.

Réfractaire is a Luxembourg-Swiss co-production, produced by Steil’s Luxembourg production company Iris Production and Lausanne-based CAB Productions, who have collaborated on several features before, notably on Dominique Rivaz’ Lift for Sale. It was produced with backing from the Luxembourg Film Fund, Swiss broadcaster TSR, Swiss Office fédéral de la culture and MEDIA Programme of the European Union.

Propos recueillis par Céline Agnès

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