Mar 03 2009

Tausend Ozeane en salles

Published by at 02:44 under Screening Room

source: http://lequotidien.editpress.lu/news/129/ARTICLE/2534/2009-02-26.html Du journaliste Pablo Chimienti

Tausend Ozeane IRIS PRODUCTIONS

Cinéma: Une vérité entre onirisme et réalisme
Luki Frieden, le réalisateur de Tausend Ozeane, aime surprendre ses spectateurs. Au point qu’il est difficile de parler de son deuxième film sans trop en dire ou sans dévoiler un retournement de situation impromptu. Rien que là, on en dévoile peut-être trop.
Le réalisateur est d’ailleurs jaloux de ses effets filmiques et a demandé, lors de sa rencontre avec la presse luxembourgeoise, de ne pas trop en dévoiler, se contentant de préciser que «c’est du cinéma pour tout le monde» qui traite d’un «sujet universel»… On marche sur des œufs!
Car du paradis terrestre des Maldives, qui domine les débats pendant une bonne moitié du film, le réalisateur emmène ensuite son public dans l’enfer vécu par les familles des malades hospitalisés sans aucune chance d’amélioration. Ces moments où il «faut laisser partir quelqu’un», précise le réalisateur. Des instants intenses, renforcés par une réalité extrafilmique: c’est le regretté Thierry van Werveke qui interprète ce père qui doit apprendre à laisser partir son fils.
Mais avant la tristesse, il y a la joie. Celle de Meikel, 24 ans, qui, lors de son premier jour de travail en tant que numéro deux dans la concession automobile de son père, décide de quitter précipitamment le pot offert en son honneur, pour s’envoler vers les Maldives avec son meilleur pote, Björn. Des vacances de rêve, où la transparence de la mer n’a d’égale que la beauté de la plage ou la couleur bleue du ciel. Un rêve. Oui, vraiment, dans tous les sens du terme.
Mais à son retour, tout commence à devenir bizarre. Juste un peu au départ, mais rapidement cet aspect domine. On se croit même tombé dans un film fantastique… Une impression temporaire, car Luki Frieden ne propose pas un film fantastique, mais un drame onirique. D’où des sauts, répétés et déconcertants, du coq à l’âne: du passé au présent, de la vie quotidienne à ces instants passés sous les palmiers, etc. Pour le reste, on est là, dans une structure à la Abre los ojos d’Amenábar (ou Vanilla Sky pour les hollywoodophiles) avec une histoire normale -enfin, qui semble normale- un mystère de plus en plus présent et, à la fin, seulement, la révélation du grain de sable qui explique toute l’histoire.
Si on peut regretter un cadrage hésitant et une utilisation exagérée et inutile du zoom de la part du réalisateur, on doit reconnaître qu’il sait passer de l’onirisme au réalisme le plus complet -sa scène de choc frontal entre deux voitures est incroyable de sobriété et de sincérité.
Reste un film longuet (malgré ses 87 petites minutes) et qui finit par tourner un peu en rond.

Tausend Ozeane, de Luki Frieden.

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source: http://lequotidien.editpress.lu/news/129/ARTICLE/2534/2009-02-26.html Du journaliste Pablo Chimienti

Tausend Ozeane IRIS PRODUCTIONS

Cinéma: Une vérité entre onirisme et réalisme
Luki Frieden, le réalisateur de Tausend Ozeane, aime surprendre ses spectateurs. Au point qu’il est difficile de parler de son deuxième film sans trop en dire ou sans dévoiler un retournement de situation impromptu. Rien que là, on en dévoile peut-être trop.
Le réalisateur est d’ailleurs jaloux de ses effets filmiques et a demandé, lors de sa rencontre avec la presse luxembourgeoise, de ne pas trop en dévoiler, se contentant de préciser que «c’est du cinéma pour tout le monde» qui traite d’un «sujet universel»… On marche sur des œufs!
Car du paradis terrestre des Maldives, qui domine les débats pendant une bonne moitié du film, le réalisateur emmène ensuite son public dans l’enfer vécu par les familles des malades hospitalisés sans aucune chance d’amélioration. Ces moments où il «faut laisser partir quelqu’un», précise le réalisateur. Des instants intenses, renforcés par une réalité extrafilmique: c’est le regretté Thierry van Werveke qui interprète ce père qui doit apprendre à laisser partir son fils.
Mais avant la tristesse, il y a la joie. Celle de Meikel, 24 ans, qui, lors de son premier jour de travail en tant que numéro deux dans la concession automobile de son père, décide de quitter précipitamment le pot offert en son honneur, pour s’envoler vers les Maldives avec son meilleur pote, Björn. Des vacances de rêve, où la transparence de la mer n’a d’égale que la beauté de la plage ou la couleur bleue du ciel. Un rêve. Oui, vraiment, dans tous les sens du terme.
Mais à son retour, tout commence à devenir bizarre. Juste un peu au départ, mais rapidement cet aspect domine. On se croit même tombé dans un film fantastique… Une impression temporaire, car Luki Frieden ne propose pas un film fantastique, mais un drame onirique. D’où des sauts, répétés et déconcertants, du coq à l’âne: du passé au présent, de la vie quotidienne à ces instants passés sous les palmiers, etc. Pour le reste, on est là, dans une structure à la Abre los ojos d’Amenábar (ou Vanilla Sky pour les hollywoodophiles) avec une histoire normale -enfin, qui semble normale- un mystère de plus en plus présent et, à la fin, seulement, la révélation du grain de sable qui explique toute l’histoire.
Si on peut regretter un cadrage hésitant et une utilisation exagérée et inutile du zoom de la part du réalisateur, on doit reconnaître qu’il sait passer de l’onirisme au réalisme le plus complet -sa scène de choc frontal entre deux voitures est incroyable de sobriété et de sincérité.
Reste un film longuet (malgré ses 87 petites minutes) et qui finit par tourner un peu en rond.

Tausend Ozeane, de Luki Frieden.

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