May 22 2014

Un frigo géant pour les films de la Cinémathèque

Published by at 05:36 under Screening Room

SOURCE: http://www.lessentiel.lu

LUXEMBOURG – À la Cloche d’or, près de 20 000 films sont entreposés au frais. C’est là que se préparent les projections qui ont lieu presque chaque jour à la Cinémathèque. Visite des lieux…

Films muets, documentaires, films d’action ou encore ciné-concert. La Cinémathèque de Luxembourg, située en plein centre de la capitale, projette presque tous les jours des films. Les visiteurs apprécient ce vieux bâtiment à l’allure rétro mais nombreux sont ceux qui ignorent l’existence d’un deuxième bâtiment, situé à la Cloche d’or. Pourtant, aucune projection, place du Théâtre, ne serait possible sans lui. Il s’agit en fait des archives. Là, sur 5,4 kilomètres de rayonnages, sont entreposés près de 20 000 copies de films. Georges Bildgen, le responsable, en a ouvert les portes à L’essentiel. On a gardé nos vestes et on vous explique pourquoi…

Les copies de films sont conservées dans un frigo géant à une température constante de 6 °C «avec une humidité de l’air de 40% à 50%», détaille Georges Bildgen. Pourquoi? Car les films sont mortels et surtout ils n’aiment pas la chaleur. Avec le temps, certaines bobines (les bobines nitrates) développent ce qu’on appelle le «syndrome du vinaigre». Elles commencent par dégager une forte odeur de vinaigre et finissent par se décomposer complètement. La fraîcheur permet, selon Georges Bildgen, «de ralentir ce processus chimique inexorable».

Autre caractéristique, le nitrate est hautement inflammable. C’est d’ailleurs pour cela que dans le film «Inglourious Basterds», ce type de bobines est utilisé pour mettre le feu au cinéma. En 1952, les pellicules acétates ont été remplacées par les nitrates (puis par les polyesters), et le risque d’incendie a disparu.

Des bobines qui voyagent…

Pour éviter les chocs thermiques, et avant d’être projetées à la Cinémathèque, les bobines (il y en a entre 5 à 12 par film) sont déplacées dans une salle d’acclimatation où la température est de 13 °C. Dans les rayons des archives, on trouve du Otto Preminger, du Fritz Lang mais aussi du Quentin Tarantino ou encore du James Cameron. Une vaste collection qui permet à la Cinémathèque de projeter à 90% des films qui viennent de son propre fonds. Et qui lui assure également une certaine notoriété internationale. Trois à quatre fois par mois, des bobines sont ainsi prêtées à d’autres cinémathèques de par le monde. Georges Bildgen se souvient même avec fierté que l’un de «ses» films a été prêté au MOMA à New York.

La Cinémathèque existe depuis 1977. Le crédo de Fred Junck, son fondateur, était: «To preserve and to show». Mais depuis, l’ère du numérique est passée par là. Les DVD et le téléchargement ont tout chamboulé. «Préserver et montrer» fait-il encore sens? Pour Claude Bertemes, directeur de la Cinémathèque, la réponse est évidente. «Je pense qu’on a un rôle à jouer. Un rôle pédagogique. Sur Internet, tout est disponible mais c’est flou. Les gens ont besoin d’orientation». En organisant des programmations à thème et très diversifiées ou en proposant des cours sur le cinéma, Claude Bertemes espère atténuer cette «cinéphilie confuse». Et il promet que le tarif, actuellement de 3,70 euros, restera toujours aussi «social»…

Du frigo à la projection, découvrez le parcours d’un film de la Cinémathèque dans le diaporama ci-dessus.

(Fatima Rougi/Jonathan Vaucher/L’essentiel)

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SOURCE: http://www.lessentiel.lu

LUXEMBOURG – À la Cloche d’or, près de 20 000 films sont entreposés au frais. C’est là que se préparent les projections qui ont lieu presque chaque jour à la Cinémathèque. Visite des lieux…

Films muets, documentaires, films d’action ou encore ciné-concert. La Cinémathèque de Luxembourg, située en plein centre de la capitale, projette presque tous les jours des films. Les visiteurs apprécient ce vieux bâtiment à l’allure rétro mais nombreux sont ceux qui ignorent l’existence d’un deuxième bâtiment, situé à la Cloche d’or. Pourtant, aucune projection, place du Théâtre, ne serait possible sans lui. Il s’agit en fait des archives. Là, sur 5,4 kilomètres de rayonnages, sont entreposés près de 20 000 copies de films. Georges Bildgen, le responsable, en a ouvert les portes à L’essentiel. On a gardé nos vestes et on vous explique pourquoi…

Les copies de films sont conservées dans un frigo géant à une température constante de 6 °C «avec une humidité de l’air de 40% à 50%», détaille Georges Bildgen. Pourquoi? Car les films sont mortels et surtout ils n’aiment pas la chaleur. Avec le temps, certaines bobines (les bobines nitrates) développent ce qu’on appelle le «syndrome du vinaigre». Elles commencent par dégager une forte odeur de vinaigre et finissent par se décomposer complètement. La fraîcheur permet, selon Georges Bildgen, «de ralentir ce processus chimique inexorable».

Autre caractéristique, le nitrate est hautement inflammable. C’est d’ailleurs pour cela que dans le film «Inglourious Basterds», ce type de bobines est utilisé pour mettre le feu au cinéma. En 1952, les pellicules acétates ont été remplacées par les nitrates (puis par les polyesters), et le risque d’incendie a disparu.

Des bobines qui voyagent…

Pour éviter les chocs thermiques, et avant d’être projetées à la Cinémathèque, les bobines (il y en a entre 5 à 12 par film) sont déplacées dans une salle d’acclimatation où la température est de 13 °C. Dans les rayons des archives, on trouve du Otto Preminger, du Fritz Lang mais aussi du Quentin Tarantino ou encore du James Cameron. Une vaste collection qui permet à la Cinémathèque de projeter à 90% des films qui viennent de son propre fonds. Et qui lui assure également une certaine notoriété internationale. Trois à quatre fois par mois, des bobines sont ainsi prêtées à d’autres cinémathèques de par le monde. Georges Bildgen se souvient même avec fierté que l’un de «ses» films a été prêté au MOMA à New York.

La Cinémathèque existe depuis 1977. Le crédo de Fred Junck, son fondateur, était: «To preserve and to show». Mais depuis, l’ère du numérique est passée par là. Les DVD et le téléchargement ont tout chamboulé. «Préserver et montrer» fait-il encore sens? Pour Claude Bertemes, directeur de la Cinémathèque, la réponse est évidente. «Je pense qu’on a un rôle à jouer. Un rôle pédagogique. Sur Internet, tout est disponible mais c’est flou. Les gens ont besoin d’orientation». En organisant des programmations à thème et très diversifiées ou en proposant des cours sur le cinéma, Claude Bertemes espère atténuer cette «cinéphilie confuse». Et il promet que le tarif, actuellement de 3,70 euros, restera toujours aussi «social»…

Du frigo à la projection, découvrez le parcours d’un film de la Cinémathèque dans le diaporama ci-dessus.

(Fatima Rougi/Jonathan Vaucher/L’essentiel)

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