Jun 05 2009

Voyage au centre de la Terre

Published by at 11:52 under Screening Room

source: http://lequotidien.editpress.lu/les-loisirs/4024.html – Pablo Chimienti

 

Pendant l’Occupation allemande, François, un jeune Luxembourgeois, claque la porte de l’université allemande suite aux appels répétés à la haine raciale. Pas vraiment politisé, il entre cependant, ainsi, en désobéissance. Pour ne pas être enrôlé de force, il s’enterre, avec d’autres réfractaires, dans les mines de fer du sud du pays. Un choix qui va bouleverser toute son existence… 

Il y a les films qu’on fait pour l’art. Ceux qu’on réalise ou qu’on tourne pour la gloire, ceux qu’on accepte pour l’argent et puis ceux qu’on se sent obligés de faire pour des raisons historiques et surtout personnelles. Pour prendre l’exemple d’une des plus grandes stars d’Hollywood, Spielberg a tourné La Liste de Schindler et surtout Amistad dans ce sens. Le premier pour lui et ses origines juives, le second pour ses deux enfants adoptés, assurait-il, du moins au moment de la sortie du film.

Deux productions luxembourgeoises sortent en salle cette semaine, dont le magnifique Réfractaire, de Nicolas Steil. Une grande performance et une vraie claque!

Toutes proportions gardées, le Réfractaire, de Nicolas Steil, est de ces films-là. Fait avec le cœur autant qu’avec l’esprit. Dans les règles de l’art, certes, mais avec un œil regardant toujours de manière très attentive vers l’Histoire, celle avec un grand «H».
Le film raconte les malheurs de ces Luxembourgeois qui, pendant l’Occupation nazie, se sont retrouvés, malgré leur jeunesse, devant un choix cornélien : soit être enrôlés de force dans l’armée allemande pour être envoyés en première ligne sur le front soviétique – et donc tirer sur les alliés du Grand-Duché -, soit devenir un réfractaire et s’enterrer vivant dans les parties hors service des mines de fer du sud du pays.
Malgré le froid, l’humidité et l’obscurité la plus totale, nombreux sont ceux qui, comme François dans le film, ont opté pour ce second choix. Une option lourde de conséquences, puisque considérés comme des déserteurs par l’occupant, ils étaient non seulement traqués, mais ils savaient leurs familles condamnées, comme eux, à l’errance ou à la déportation.
Une histoire vécue par quelques centaines de jeunes Luxembourgeois, dont des parents du réalisateur, mais aujourd’hui largement oubliée. Un sacrifice auquel le réalisateur tient, aujourd’hui, à rendre hommage. «Certains ont passé plusieurs années dans ces mines, rappelle Nicolas Steil, dans des conditions atroces, sans changer de vêtements pendant des mois, pleins de poux, malades, affamés, dans une grande promiscuité, sans savoir ce qu’il en était de leurs familles et dans un noir complet. On ne se rend pas compte aujourd’hui de ce qu’est le noir complet. C’est quelque chose qui n’existe pas, parce que, où que l’on se trouve, il y a toujours un petit rayon de lumière.»

François, antihéros magnifique

Des conditions que l’équipe du film a d’ailleurs connues pendant une bonne partie du tournage, effectué dans la pénombre (elle est aujourd’hui illuminée par des ampoules électriques), le froid et l’humidité de la mine Walert à Rumelange.
Le résultat de ce calvaire est saisissant. Entre promiscuité, claustrophobie, ordre semi-militaire, une dizaine de jeunes réfractaires se cachent dans un bunker isolé dans l’immense labyrinthe de la mine en compagnie de deux vieux communistes. Bourgeois, fils de collabo, François est loin de faire l’unanimité parmi ses nouveaux camarades d’infortune.
Sous terre, c’est un véritable parcours initiatique qui l’attend. Un mois suffira pour lui faire perdre l’insouciance de la jeunesse et le plonger dans le monde des adultes. Un monde dur en soi et dont la difficulté est décuplée en temps de guerre. La maladie, la mort, la déportation feront de lui un homme dur, mais juste. Responsable et courageux. Un antihéros magnifique. Un vrai réfractaire au destin tragique.
Si l’histoire du film est entièrement inventée, tout comme ses personnages, tout est basé sur des faits réels. Une histoire narrée merveilleusement par le réalisateur – qui signe là son premier long métrage – et superbement interprété par un casting de grande qualité. Pendant 1h40, tout n’est que justesse et précision. Des décors aux dialogues, des comédiens à la technique, sans oublier la justesse historique. Les cinq ans de préparation pour le film n’ont décidément pas été vains. À ne pas rater.

source: http://www.point24.lu/point24/web/loisirsetculture/article/25251/refractaire-le-vrai-luxembourg-de-39-45.php

Réfractaire: le vrai Luxembourg de 39-45

Le film de Nicolas Steil sort aujourd’hui dans les salles luxembourgeoises. Nicolas Steil signe avec Réfractaire un film poignant qui relate un fait particulièrement méconnu de notre histoire: les conditions de vie de ces personnes qui étaient réfractaires à l’ordre établi de la seconde guerre mondiale.

Pour ne pas être enrôlé de force, afin de servir l’ennemi, ces hommes réfractaires souvent à peine âgés d’une vingtaine d’années, dans leurs actes héroïques, ont dû se cacher dans des mines désaffectées pendant des mois et des mois… voire des années, dans des conditions plus qu’inhumaines avec constamment cette peur au ventre pour leurs familles, qui pouvaient se faire déporter à tout moment. 

Un film sur l’histoire mais surtout sur les hommes, leur force et leur faiblesse, une réflexion sur l’engagement, qui prend aux tripes et qui pose de vraies questions sur l’homme et ses actes: «Mais qu’est-ce-que j’aurais fait moi à leur place?» 
Une vraie remise en question avec des enjeux tellement difficiles à imaginer pour notre époque. Un casting superbe, servi par des acteurs justes et bouleversants pour un film sombre qui surtout éveille les consciences et amène à une grosse réflexion sur soi et notre attitude envers nous-mêmes… 

source: http://www.lessentiel.lu/sortir/cinema/story/26432652

François (Grégoire Leprince-Ringuet) a vingt et un ans et il vit au Luxembourg, petit pays qui vient d’être annexé par l’Allemagne nazie. 

Son père, collaborateur du régime fasciste, l’a obligé à aller à l’université allemande. Mais François a commis un premier acte de désobéissance: il est parti de cet endroit qui professait la haine raciale. 

Maintenant se pose à lui ce choix cornélien: devenir un «enrôlé de force» et partir sur le front russe tirer sur les Alliés ou bien se transformer en «réfractaire» et se terrer au fond d’une mine pendant de longs mois sans voir la lumière du jour, dans le froid et dans l’humidité, avec comme seul espoir: la libération. 

«Réfractaire», de Nicolas Steil, est un drame psychologique haletant qui nous fait vivre le chemin suivi par un jeune homme dépersonnalisé par un lourd passé familial, mais qui réussira à se retrouver au prix du sacrifice de sa propre vie. 
Céline Agnès

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source: http://lequotidien.editpress.lu/les-loisirs/4024.html – Pablo Chimienti

 

Pendant l’Occupation allemande, François, un jeune Luxembourgeois, claque la porte de l’université allemande suite aux appels répétés à la haine raciale. Pas vraiment politisé, il entre cependant, ainsi, en désobéissance. Pour ne pas être enrôlé de force, il s’enterre, avec d’autres réfractaires, dans les mines de fer du sud du pays. Un choix qui va bouleverser toute son existence… 

Il y a les films qu’on fait pour l’art. Ceux qu’on réalise ou qu’on tourne pour la gloire, ceux qu’on accepte pour l’argent et puis ceux qu’on se sent obligés de faire pour des raisons historiques et surtout personnelles. Pour prendre l’exemple d’une des plus grandes stars d’Hollywood, Spielberg a tourné La Liste de Schindler et surtout Amistad dans ce sens. Le premier pour lui et ses origines juives, le second pour ses deux enfants adoptés, assurait-il, du moins au moment de la sortie du film.

Deux productions luxembourgeoises sortent en salle cette semaine, dont le magnifique Réfractaire, de Nicolas Steil. Une grande performance et une vraie claque!

Toutes proportions gardées, le Réfractaire, de Nicolas Steil, est de ces films-là. Fait avec le cœur autant qu’avec l’esprit. Dans les règles de l’art, certes, mais avec un œil regardant toujours de manière très attentive vers l’Histoire, celle avec un grand «H».
Le film raconte les malheurs de ces Luxembourgeois qui, pendant l’Occupation nazie, se sont retrouvés, malgré leur jeunesse, devant un choix cornélien : soit être enrôlés de force dans l’armée allemande pour être envoyés en première ligne sur le front soviétique – et donc tirer sur les alliés du Grand-Duché -, soit devenir un réfractaire et s’enterrer vivant dans les parties hors service des mines de fer du sud du pays.
Malgré le froid, l’humidité et l’obscurité la plus totale, nombreux sont ceux qui, comme François dans le film, ont opté pour ce second choix. Une option lourde de conséquences, puisque considérés comme des déserteurs par l’occupant, ils étaient non seulement traqués, mais ils savaient leurs familles condamnées, comme eux, à l’errance ou à la déportation.
Une histoire vécue par quelques centaines de jeunes Luxembourgeois, dont des parents du réalisateur, mais aujourd’hui largement oubliée. Un sacrifice auquel le réalisateur tient, aujourd’hui, à rendre hommage. «Certains ont passé plusieurs années dans ces mines, rappelle Nicolas Steil, dans des conditions atroces, sans changer de vêtements pendant des mois, pleins de poux, malades, affamés, dans une grande promiscuité, sans savoir ce qu’il en était de leurs familles et dans un noir complet. On ne se rend pas compte aujourd’hui de ce qu’est le noir complet. C’est quelque chose qui n’existe pas, parce que, où que l’on se trouve, il y a toujours un petit rayon de lumière.»

François, antihéros magnifique

Des conditions que l’équipe du film a d’ailleurs connues pendant une bonne partie du tournage, effectué dans la pénombre (elle est aujourd’hui illuminée par des ampoules électriques), le froid et l’humidité de la mine Walert à Rumelange.
Le résultat de ce calvaire est saisissant. Entre promiscuité, claustrophobie, ordre semi-militaire, une dizaine de jeunes réfractaires se cachent dans un bunker isolé dans l’immense labyrinthe de la mine en compagnie de deux vieux communistes. Bourgeois, fils de collabo, François est loin de faire l’unanimité parmi ses nouveaux camarades d’infortune.
Sous terre, c’est un véritable parcours initiatique qui l’attend. Un mois suffira pour lui faire perdre l’insouciance de la jeunesse et le plonger dans le monde des adultes. Un monde dur en soi et dont la difficulté est décuplée en temps de guerre. La maladie, la mort, la déportation feront de lui un homme dur, mais juste. Responsable et courageux. Un antihéros magnifique. Un vrai réfractaire au destin tragique.
Si l’histoire du film est entièrement inventée, tout comme ses personnages, tout est basé sur des faits réels. Une histoire narrée merveilleusement par le réalisateur – qui signe là son premier long métrage – et superbement interprété par un casting de grande qualité. Pendant 1h40, tout n’est que justesse et précision. Des décors aux dialogues, des comédiens à la technique, sans oublier la justesse historique. Les cinq ans de préparation pour le film n’ont décidément pas été vains. À ne pas rater.

source: http://www.point24.lu/point24/web/loisirsetculture/article/25251/refractaire-le-vrai-luxembourg-de-39-45.php

Réfractaire: le vrai Luxembourg de 39-45

Le film de Nicolas Steil sort aujourd’hui dans les salles luxembourgeoises. Nicolas Steil signe avec Réfractaire un film poignant qui relate un fait particulièrement méconnu de notre histoire: les conditions de vie de ces personnes qui étaient réfractaires à l’ordre établi de la seconde guerre mondiale.

Pour ne pas être enrôlé de force, afin de servir l’ennemi, ces hommes réfractaires souvent à peine âgés d’une vingtaine d’années, dans leurs actes héroïques, ont dû se cacher dans des mines désaffectées pendant des mois et des mois… voire des années, dans des conditions plus qu’inhumaines avec constamment cette peur au ventre pour leurs familles, qui pouvaient se faire déporter à tout moment. 

Un film sur l’histoire mais surtout sur les hommes, leur force et leur faiblesse, une réflexion sur l’engagement, qui prend aux tripes et qui pose de vraies questions sur l’homme et ses actes: «Mais qu’est-ce-que j’aurais fait moi à leur place?» 
Une vraie remise en question avec des enjeux tellement difficiles à imaginer pour notre époque. Un casting superbe, servi par des acteurs justes et bouleversants pour un film sombre qui surtout éveille les consciences et amène à une grosse réflexion sur soi et notre attitude envers nous-mêmes… 

source: http://www.lessentiel.lu/sortir/cinema/story/26432652

François (Grégoire Leprince-Ringuet) a vingt et un ans et il vit au Luxembourg, petit pays qui vient d’être annexé par l’Allemagne nazie. 

Son père, collaborateur du régime fasciste, l’a obligé à aller à l’université allemande. Mais François a commis un premier acte de désobéissance: il est parti de cet endroit qui professait la haine raciale. 

Maintenant se pose à lui ce choix cornélien: devenir un «enrôlé de force» et partir sur le front russe tirer sur les Alliés ou bien se transformer en «réfractaire» et se terrer au fond d’une mine pendant de longs mois sans voir la lumière du jour, dans le froid et dans l’humidité, avec comme seul espoir: la libération. 

«Réfractaire», de Nicolas Steil, est un drame psychologique haletant qui nous fait vivre le chemin suivi par un jeune homme dépersonnalisé par un lourd passé familial, mais qui réussira à se retrouver au prix du sacrifice de sa propre vie. 
Céline Agnès

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