Nov 25 2011

Les images bougent,mais est-ce de la télé ?

Published by at 22:05 under TV

SOURCE: http://www.land.lu/index.php/les-images-bougentmais-est-ce-de-la-tele.html – josée hansen

Mardi 15 novembre 2011, 16h30. Ah bon, c’était ça, la révolution télévisuelle réalisée par une équipe de pionniers vantée sur tous les supports de Maison Moderne depuis la rentrée ? Venons-nous d’assister à un moment historique qui va changer la face des médias audiovisuels autochtones, comparable au vent de libéralisation qu’avaient soufflé les créations de, respectivement, Kueb, Tango et .dok.TV il y a une décennie ? « Nous nous félicitons qu’il y ait de nouveaux entrants, » vient de déclarer le chef des programmes luxembourgeois de RTL, Alain Berwick à l’antenne. Et que « RTL a intérêt à ce qu’il y ait des concurrents ». Donc, déjà, on sait que Paperjam.tv ne sera pas le grand méchant loup dans la bergerie du monopole de fait. L’ambition serait aussi plutôt celle d’une télévision de niche, strictement financière et économique, comme le magazine éponyme, et en français de surcroît.
paperjam.tv

Faire de la télé, c’est un vieux rêve de Mike Koedinger, homme de papier fier du succès de ses nombreuses publications, rêve qu’il partage d’ailleurs avec l’un ou l’autre dirigeant du groupe Saint-Paul (notamment Charles Ruppert à l’époque). Jusqu’à présent, c’était un rêve aux frais prohibitifs. La démocratisation des moyens de production, notamment la baisse de l’investissement initial nécessaire pour produire de manière plus ou moins propre en studio, à quelque 60 000 euros, l’a soudain rendu accessible. Un seul réalisateur-producteur, Aurélien Picca, gère ici en parallèle le son, le studio et les trois caméras robotisées. Fred Neuen, réalisateur de cinéma et ex-TangoTV, ex-Eveant, donc spécialiste en web.tv et Philippe Baudet, réalisateur de télévision, ex-RTL qui avait notamment lancé .dok.TV avec Maurice Molitor il y a dix

ans, ont conseillé l’équipe pour ce programme. Georges Zigrand (Integrated Place) a conçu le studio un peu trop psychédélique. Une demi-heure de programme quotidien est donc diffusée en live et en streaming chaque jour de semaine à 16 heures sur le site paperjam.tv (où elle devrait également être consultable à la demande) et sur le canal 49 de d’Telé vun der Post. Une version mobile, compatible avec iPad et iPhone, devrait suivre sous peu.

Qu’y voit-on qui fasse qu’on ait envie de revenir ? Quelques brèves présentées par Jean-Michel Gaudron, le directeur des rédactions du Maison Moderne sans images, trois écrans publicitaires (oui, oui, il s’agit aussi de se positionner sur un marché publicitaire qui se fragmente de plus en plus), et trois courtes interviews (ce type d’interview complètement ouverte étant la forme journalistique la plus paresseuse qui soit) avec des chefs d’entreprise (Alain Berwick, RTL, Pit Hentgen, Lalux, et Pierre Kihn, Office Freyilinger) pour la première émission. Des hommes-troncs en costume (cravate) qui viennent répondre à des questions très complaisantes sur le succès de leur boîte, en gros une version courte de ce que le site offrait déjà. Et le programme de la suite s’annonce identique, les seuls reportages prévus concernant des événements du groupe, avec ce risque de dérive nombriliste qui agace déjà passablement chez Maison moderne depuis quelque temps. Pas d’enquête, pas d’analyse, pas de contrepoint à la communication officielle, pas de format innovant. Davantage que du journalisme, Paperjam.tv est un vecteur de communication unidirectionnelle. Pourtant, si l’évolution récente du paysage audiovisuel autochtone a montré une chose, c’est bien que la clé du succès, c’est le contenu.

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SOURCE: http://www.land.lu/index.php/les-images-bougentmais-est-ce-de-la-tele.html – josée hansen

Mardi 15 novembre 2011, 16h30. Ah bon, c’était ça, la révolution télévisuelle réalisée par une équipe de pionniers vantée sur tous les supports de Maison Moderne depuis la rentrée ? Venons-nous d’assister à un moment historique qui va changer la face des médias audiovisuels autochtones, comparable au vent de libéralisation qu’avaient soufflé les créations de, respectivement, Kueb, Tango et .dok.TV il y a une décennie ? « Nous nous félicitons qu’il y ait de nouveaux entrants, » vient de déclarer le chef des programmes luxembourgeois de RTL, Alain Berwick à l’antenne. Et que « RTL a intérêt à ce qu’il y ait des concurrents ». Donc, déjà, on sait que Paperjam.tv ne sera pas le grand méchant loup dans la bergerie du monopole de fait. L’ambition serait aussi plutôt celle d’une télévision de niche, strictement financière et économique, comme le magazine éponyme, et en français de surcroît.
paperjam.tv

Faire de la télé, c’est un vieux rêve de Mike Koedinger, homme de papier fier du succès de ses nombreuses publications, rêve qu’il partage d’ailleurs avec l’un ou l’autre dirigeant du groupe Saint-Paul (notamment Charles Ruppert à l’époque). Jusqu’à présent, c’était un rêve aux frais prohibitifs. La démocratisation des moyens de production, notamment la baisse de l’investissement initial nécessaire pour produire de manière plus ou moins propre en studio, à quelque 60 000 euros, l’a soudain rendu accessible. Un seul réalisateur-producteur, Aurélien Picca, gère ici en parallèle le son, le studio et les trois caméras robotisées. Fred Neuen, réalisateur de cinéma et ex-TangoTV, ex-Eveant, donc spécialiste en web.tv et Philippe Baudet, réalisateur de télévision, ex-RTL qui avait notamment lancé .dok.TV avec Maurice Molitor il y a dix

ans, ont conseillé l’équipe pour ce programme. Georges Zigrand (Integrated Place) a conçu le studio un peu trop psychédélique. Une demi-heure de programme quotidien est donc diffusée en live et en streaming chaque jour de semaine à 16 heures sur le site paperjam.tv (où elle devrait également être consultable à la demande) et sur le canal 49 de d’Telé vun der Post. Une version mobile, compatible avec iPad et iPhone, devrait suivre sous peu.

Qu’y voit-on qui fasse qu’on ait envie de revenir ? Quelques brèves présentées par Jean-Michel Gaudron, le directeur des rédactions du Maison Moderne sans images, trois écrans publicitaires (oui, oui, il s’agit aussi de se positionner sur un marché publicitaire qui se fragmente de plus en plus), et trois courtes interviews (ce type d’interview complètement ouverte étant la forme journalistique la plus paresseuse qui soit) avec des chefs d’entreprise (Alain Berwick, RTL, Pit Hentgen, Lalux, et Pierre Kihn, Office Freyilinger) pour la première émission. Des hommes-troncs en costume (cravate) qui viennent répondre à des questions très complaisantes sur le succès de leur boîte, en gros une version courte de ce que le site offrait déjà. Et le programme de la suite s’annonce identique, les seuls reportages prévus concernant des événements du groupe, avec ce risque de dérive nombriliste qui agace déjà passablement chez Maison moderne depuis quelque temps. Pas d’enquête, pas d’analyse, pas de contrepoint à la communication officielle, pas de format innovant. Davantage que du journalisme, Paperjam.tv est un vecteur de communication unidirectionnelle. Pourtant, si l’évolution récente du paysage audiovisuel autochtone a montré une chose, c’est bien que la clé du succès, c’est le contenu.

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