May 09 2008

Cassavetes face à Cassavetes

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Le metteur en scène Daniel Benoin propose une adaptation scénique du film «Faces» de John Cassavetes. L’occasion pour la Cinémathèque de proposer une rétrospective exhaustive de son œuvre.

S’il y a un cinéaste proche du théâtre, c’est bien John Cassavetes. Il a en effet commencé sa carrière comme comédien, d’abord au théâtre puis à la télévision, puis au cinéma. C’est quand il réalise Shadows (en 1961) avec une troupe amateur et avec ses propres moyens que John Cassavetes rompt avec l’industrie hollywoodienne et s’engage dans la voie de l’indépendance. Son cinéma évolue dans un style personnel où il libère le jeu de l’acteur, qu’il place au centre de son dispositif cinématographique. Sa désinvolture à l’égard de la technique cinématographique, se moquant des flous, tournant caméra à l’épaule pour être au plus près des émotions, en fait un cinéaste à part.
Du pain bénit pour Daniel Benoin. Le metteur en scène avait déjà exploré le cinéma particulier de Thomas Vinterberg, dans le courant éphémère du dogme. Il avait adapté Festen à Nice, puis à Luxembourg avec un succès remarquable. Après cette expérience, il remet le couvert en choisissant un autre film qui part à la recherche d’une proximité sinon d’une intimité entre les comédiens et le public: Faces, de Cassavetes. «La caméra traque chaque visage, chaque intention, chaque émotion au plus près, au plus serré, comme pour voler aux acteurs-personnages ce qu’ils ont de plus personnel et de plus secret», souligne le metteur en scène.

Mise en pièce(s)

Pour obtenir un résultat équivalent, il lui fallait trouver le lieu qui permettra la proximité sinon la participation du public. Et puisque Cassavetes a tourné le film dans son appartement, Benoin nous invite au salon. Plus exactement, il place une cinquantaine de canapés sur scène et propose au public de se joindre aux comédiens (les plus frileux pourront rester sur les gradins).
Nous assistons donc à la mise en pièces d’un couple. Richard croise la belle Jenny dans un bar. Rentré chez lui, il retrouve sa femme, Maria, qui s’ennuie. Richard va faire trois petits tours avec Jenny, Maria va se consoler avec une sorte de gigolo… Mais la fête est triste et les lendemains tragiques. Richard finira par rentrer chez lui et trouvera une femme sonnée, comme après un match.
Pour servir ces personnages, Daniel Benoin a choisi les pointures françaises: François Marthouret, Valérie Kaprisky ou Helena Noguerra (plus connue comme chanteuse). Côté luxembourgeois, la distribution n’est pas en reste avec Caty Baccega, Valérie Bodson, Catherine Marques, Patrick Hastert, Claude Koener et Francesco Mormino.
Les institutions culturelles de la capitale font preuve d’une belle collaboration et d’un sens de la cohérence. Non seulement la pièce, coproduite par le théâtre des Capucins, est jouée au Studio du Grand Théâtre, ce qui permet «d’attirer des productions de plus grande envergure», comme le dit Marc Olinger, mais en plus, la cinémathèque joue la carte Cassavetes à fond avec une rétrospective intégrale de son œuvre. C’est avec Patrick Brion, le «Monsieur cinéma» de la télévision française, que Claude Bertemes, directeur de la Cinémathèque, et quelques comédiens de la pièce introduiront cette rétrospective en insistant sur la théâtralité de Cassavetes.
Pour assurer encore la complémentarité pendant toute la semaine de représentations théâtrales, le ticket du théâtre donne droit à une gratuité à la Cinémathèque et celui de la Cinémathèque à une réduction au théâtre.

En compagnie de Cassavetes:
– Rencontre avec Patrick Brion et les comédiens, le 16 mai à 19.00h à la Cinémathèque;
– «Faces», représentations du 17 au 22 mai à 20.00h au Studio du Grand Théâtre de Luxembourg;
– Rétrospective Cassavetes durant tout le mois de mai et juin à la Cinémathèque.

 

 

 

In Zusammenarbeit mit dem Nationaltheater Nizza bringt das Kapuzinertheater vom
17. bis 22. Mai den Kinofilm „Faces“ des unangepassten amerikanischen Filmregisseurs John Cassavetes (1929-1989) auf die Bühne des Grand Théâtre. Die Cinémathèque startet zu diesem Anlass eine Retrospektive seiner Filme.
Janina Strötgen

Richard und Maria haben sich auseinander gelebt. Richard lernt das Callgirl Jeanne kennen, sagt seiner Frau, dass er die Scheidung möchte, verabredet sich mit Jeanne und schläft mit ihr. Maria ihrerseits schlägt sich die Nacht in Bars um die Ohren, trifft auf Chet und schläft mit diesem. Am nächsten Morgen haben sich Richard und Maria nichts mehr zu sagen. Sie sitzen auf der Treppe ihres Hauses und schweigen. Soweit der Plot des 1968 fertig gestellten Films „Faces“.
John Cassavetes hat mit seinen Filmen einen Gegenpol zu den Produktionen aus Hollywood geschaffen. Er sah sich nie als Regisseur, der seine Schauspieler in die Rollen eines Drehbuchs presst, sondern der von ihnen verlangt, selbst Charaktere und erlebte Situationen zu erschaffen; er ernennt sie auf diese Weise sozusagen zu Co-Autoren.

Emotionale Krise

Der Filmhistoriker Ulrich Gregor nannte diesen neuen Regiestil „ein dokumentarisches Aufzeichnen der Fiktion im Moment ihrer Entstehung“. Kein Wunder, dass die Dreharbeiten sieben Monate und die Fertigstellung des Films beinahe vier Jahre dauerten.
Wichtigstes Element in den Filmen Cassavetes’ sind die Schauspieler, die ganz normale Leute, außerhalb der in Hollywood etablierten Kategorien von Gut und Böse, darstellen. Die Menschen in „Faces“ betrügen und hassen sich und befinden sich dabei alle in einer emotionalen Krise. Eine Herausforderung für die Schauspieler des Nationaltheaters von Nizza und des Kapuzinertheaters. Denn der Direktor des Nationaltheaters von Nizza, Daniel Benoin, griff vergangenes Jahr diesen Film auf, da er sowohl im Inhalt von „Faces“ als auch in der Arbeitsweise Cassavetes ein geeignetes Material für die Theaterbühne fand. Zumal Cassavetes selbst nicht nur Filmemacher, sondern leidenschaftlicher Theaterschauspieler war und in seine Filme theatrale Momente, wie die Behandlung von Zeit und Raum, miteinfließen ließ.
„Ein Werk, das dazu beiträgt, die Grenzen zwischen Film und Theater weiter einzureißen“, erklärt Marc Olinger, Direktor des Kapuzinertheaters. Auch Claude Bertemes, Direktor der Cinémathèque, freut sich über die Zusammenarbeit mit dem Theater und sieht darin eine Chance, die „ungewöhnlich starke körperliche Ausdruckskraft in den Filmen Cassavetes’ auf der Bühne zu verdeutlichen“. Und um die intime Atmosphäre, die sich durch die Filme Cassavetes’ zieht, noch besser umsetzen zu können, platziert Daniel Benoin zumindest einen Teil der Besucher in gemütlichen Sofas mitten auf der Bühne. So werden die Besucher in die Handlung miteinbezogen und haben teil an der fortwährenden Suche der Menschen nach Anerkennung, Zuneigung und Liebe.

Rundtischgespräch

Nachdem das Stück 2007 etwa 40 Mal in Nizza aufgeführt wurde, kommt es nun für sechs Abende vom 17. bis zum 22. Mai nach Luxemburg, bevor es dann nach einer Frankreich-Tournee im Théâtre du Rond-Point in Paris gespielt wird. Wer sich über Werk und Person Cassavetes’ informieren möchte, kann am 16. Mai in die Cinémathèque kommen. Dort findet ein Rundtischgespräch mit Claude Bertemes, Patrick Brion und einigen der Schauspieler, wie Valérie Kaprisky, Helena Noguerra oder Patrick Hastert, statt.
„Faces“ im Studio des Grand
Théâtre vom 17. bis 22. Mai um 20 Uhr.
Das Programm für die Filme in der Cinémathèque unter www.cinematheque.lu

 

SOURCE:

www.jeudi.lu

www.tageblatt.lu

 

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Le metteur en scène Daniel Benoin propose une adaptation scénique du film «Faces» de John Cassavetes. L’occasion pour la Cinémathèque de proposer une rétrospective exhaustive de son œuvre.

S’il y a un cinéaste proche du théâtre, c’est bien John Cassavetes. Il a en effet commencé sa carrière comme comédien, d’abord au théâtre puis à la télévision, puis au cinéma. C’est quand il réalise Shadows (en 1961) avec une troupe amateur et avec ses propres moyens que John Cassavetes rompt avec l’industrie hollywoodienne et s’engage dans la voie de l’indépendance. Son cinéma évolue dans un style personnel où il libère le jeu de l’acteur, qu’il place au centre de son dispositif cinématographique. Sa désinvolture à l’égard de la technique cinématographique, se moquant des flous, tournant caméra à l’épaule pour être au plus près des émotions, en fait un cinéaste à part.
Du pain bénit pour Daniel Benoin. Le metteur en scène avait déjà exploré le cinéma particulier de Thomas Vinterberg, dans le courant éphémère du dogme. Il avait adapté Festen à Nice, puis à Luxembourg avec un succès remarquable. Après cette expérience, il remet le couvert en choisissant un autre film qui part à la recherche d’une proximité sinon d’une intimité entre les comédiens et le public: Faces, de Cassavetes. «La caméra traque chaque visage, chaque intention, chaque émotion au plus près, au plus serré, comme pour voler aux acteurs-personnages ce qu’ils ont de plus personnel et de plus secret», souligne le metteur en scène.

Mise en pièce(s)

Pour obtenir un résultat équivalent, il lui fallait trouver le lieu qui permettra la proximité sinon la participation du public. Et puisque Cassavetes a tourné le film dans son appartement, Benoin nous invite au salon. Plus exactement, il place une cinquantaine de canapés sur scène et propose au public de se joindre aux comédiens (les plus frileux pourront rester sur les gradins).
Nous assistons donc à la mise en pièces d’un couple. Richard croise la belle Jenny dans un bar. Rentré chez lui, il retrouve sa femme, Maria, qui s’ennuie. Richard va faire trois petits tours avec Jenny, Maria va se consoler avec une sorte de gigolo… Mais la fête est triste et les lendemains tragiques. Richard finira par rentrer chez lui et trouvera une femme sonnée, comme après un match.
Pour servir ces personnages, Daniel Benoin a choisi les pointures françaises: François Marthouret, Valérie Kaprisky ou Helena Noguerra (plus connue comme chanteuse). Côté luxembourgeois, la distribution n’est pas en reste avec Caty Baccega, Valérie Bodson, Catherine Marques, Patrick Hastert, Claude Koener et Francesco Mormino.
Les institutions culturelles de la capitale font preuve d’une belle collaboration et d’un sens de la cohérence. Non seulement la pièce, coproduite par le théâtre des Capucins, est jouée au Studio du Grand Théâtre, ce qui permet «d’attirer des productions de plus grande envergure», comme le dit Marc Olinger, mais en plus, la cinémathèque joue la carte Cassavetes à fond avec une rétrospective intégrale de son œuvre. C’est avec Patrick Brion, le «Monsieur cinéma» de la télévision française, que Claude Bertemes, directeur de la Cinémathèque, et quelques comédiens de la pièce introduiront cette rétrospective en insistant sur la théâtralité de Cassavetes.
Pour assurer encore la complémentarité pendant toute la semaine de représentations théâtrales, le ticket du théâtre donne droit à une gratuité à la Cinémathèque et celui de la Cinémathèque à une réduction au théâtre.

En compagnie de Cassavetes:
– Rencontre avec Patrick Brion et les comédiens, le 16 mai à 19.00h à la Cinémathèque;
– «Faces», représentations du 17 au 22 mai à 20.00h au Studio du Grand Théâtre de Luxembourg;
– Rétrospective Cassavetes durant tout le mois de mai et juin à la Cinémathèque.

 

 

 

In Zusammenarbeit mit dem Nationaltheater Nizza bringt das Kapuzinertheater vom
17. bis 22. Mai den Kinofilm „Faces“ des unangepassten amerikanischen Filmregisseurs John Cassavetes (1929-1989) auf die Bühne des Grand Théâtre. Die Cinémathèque startet zu diesem Anlass eine Retrospektive seiner Filme.
Janina Strötgen

Richard und Maria haben sich auseinander gelebt. Richard lernt das Callgirl Jeanne kennen, sagt seiner Frau, dass er die Scheidung möchte, verabredet sich mit Jeanne und schläft mit ihr. Maria ihrerseits schlägt sich die Nacht in Bars um die Ohren, trifft auf Chet und schläft mit diesem. Am nächsten Morgen haben sich Richard und Maria nichts mehr zu sagen. Sie sitzen auf der Treppe ihres Hauses und schweigen. Soweit der Plot des 1968 fertig gestellten Films „Faces“.
John Cassavetes hat mit seinen Filmen einen Gegenpol zu den Produktionen aus Hollywood geschaffen. Er sah sich nie als Regisseur, der seine Schauspieler in die Rollen eines Drehbuchs presst, sondern der von ihnen verlangt, selbst Charaktere und erlebte Situationen zu erschaffen; er ernennt sie auf diese Weise sozusagen zu Co-Autoren.

Emotionale Krise

Der Filmhistoriker Ulrich Gregor nannte diesen neuen Regiestil „ein dokumentarisches Aufzeichnen der Fiktion im Moment ihrer Entstehung“. Kein Wunder, dass die Dreharbeiten sieben Monate und die Fertigstellung des Films beinahe vier Jahre dauerten.
Wichtigstes Element in den Filmen Cassavetes’ sind die Schauspieler, die ganz normale Leute, außerhalb der in Hollywood etablierten Kategorien von Gut und Böse, darstellen. Die Menschen in „Faces“ betrügen und hassen sich und befinden sich dabei alle in einer emotionalen Krise. Eine Herausforderung für die Schauspieler des Nationaltheaters von Nizza und des Kapuzinertheaters. Denn der Direktor des Nationaltheaters von Nizza, Daniel Benoin, griff vergangenes Jahr diesen Film auf, da er sowohl im Inhalt von „Faces“ als auch in der Arbeitsweise Cassavetes ein geeignetes Material für die Theaterbühne fand. Zumal Cassavetes selbst nicht nur Filmemacher, sondern leidenschaftlicher Theaterschauspieler war und in seine Filme theatrale Momente, wie die Behandlung von Zeit und Raum, miteinfließen ließ.
„Ein Werk, das dazu beiträgt, die Grenzen zwischen Film und Theater weiter einzureißen“, erklärt Marc Olinger, Direktor des Kapuzinertheaters. Auch Claude Bertemes, Direktor der Cinémathèque, freut sich über die Zusammenarbeit mit dem Theater und sieht darin eine Chance, die „ungewöhnlich starke körperliche Ausdruckskraft in den Filmen Cassavetes’ auf der Bühne zu verdeutlichen“. Und um die intime Atmosphäre, die sich durch die Filme Cassavetes’ zieht, noch besser umsetzen zu können, platziert Daniel Benoin zumindest einen Teil der Besucher in gemütlichen Sofas mitten auf der Bühne. So werden die Besucher in die Handlung miteinbezogen und haben teil an der fortwährenden Suche der Menschen nach Anerkennung, Zuneigung und Liebe.

Rundtischgespräch

Nachdem das Stück 2007 etwa 40 Mal in Nizza aufgeführt wurde, kommt es nun für sechs Abende vom 17. bis zum 22. Mai nach Luxemburg, bevor es dann nach einer Frankreich-Tournee im Théâtre du Rond-Point in Paris gespielt wird. Wer sich über Werk und Person Cassavetes’ informieren möchte, kann am 16. Mai in die Cinémathèque kommen. Dort findet ein Rundtischgespräch mit Claude Bertemes, Patrick Brion und einigen der Schauspieler, wie Valérie Kaprisky, Helena Noguerra oder Patrick Hastert, statt.
„Faces“ im Studio des Grand
Théâtre vom 17. bis 22. Mai um 20 Uhr.
Das Programm für die Filme in der Cinémathèque unter www.cinematheque.lu

 

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