May 14 2008

Une vitrine grand-ducale à Cannes

Published by at 16:52 under Uncategorized

Le festival de Cannes est né en 1946. Mais sa genèse, elle, date d’avant-guerre, pour faire face à la Mostra de Venise, devenue quasiment un organe de propagande fasciste. Depuis 46, plus rien, à part les brefs accidents de mai 68, n’a stoppé la succès-story de la Croisette et aucun festival ne peut aujourd’hui contester à Cannes le rôle du plus important festival de cinéma du monde.

Le festival de Cannes a 61 ans. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’est jamais montré aussi bien et aussi fort. Cette année, les organisateurs ont reçu 1792 longs métrages et 2233 courts, en provenance de plus de 100 pays. Ils ont sélectionné 57 longs et 26 courts.
Parmi ces 83 films, pas une seule production luxembourgeoise. Pas une seule coproduction non plus. Comme c’est le cas malheureusement depuis l’édition 2005. Une absence que le pavillon luxembourgeois au Village international ne parvient pas à faire oublier.
Les quinze années entre 1989 et 2004 ont pourtant été fastes pour le cinéma grand-ducal à Cannes. Bady Minck est la première à représenter le pays sur la Croisette, en 1989, avec son court métrage L’Homme aux nerfs modernes, présenté à la Semaine de la critique. En 1992, Hochzäisnuecht de Pol Cruchten est sélectionné dans le cadre d’Un certain regard. «Il est le premier réalisateur luxembourgeois à présenter un long métrage à Cannes, explique Guy Daleiden, le directeur du Fonds national de soutien à la production audiovisuelle (Fonspa),et malheureusement, également le dernier» ajoute-t-il.
Ce n’est pas le cas du pays, présent avec au moins un film par an de 1998 à 2004: L’École de la chair produit par Samsa film (1998), 81/2 Woman de Delux Productions (1999), Jaime, (Samsa, 2000), Shadow of the vampire etLa Chambre obscure (Delux 2000); CQ (Delux, 2001), Une part du ciel, produit par Tarantula (lire page 3) en 2002, The Moab Story : the Tulse Luper suitcase (Delux, 2003), Au commencement était le regard et Fast film(Minotaurus Films, 2003) et Calvaire (Tarantula, 2004) ont représenté le Luxembourg au festival. Mais seulement en tant que coproductions.

Vieille garde
 et jeunes espoirs

«On manque de réalisateurs, regrette Guy Daleiden, les quelques réalisateurs connus, la vieille garde : Geneviève Mersch, Andy Bausch, Pol Cruchten et Paul Kieffer, ne produisent pas des longs métrages tous les ans, ils ont fait des films mais n’ont pas eu la chance d’être sélectionnés. Deuxième point, nous ne sommes pas assez connus en tant que pays coproducteur». «Par contre, reprend-il, nous connaissons l’émergence de jeunes réalisateurs depuis quelques années : tout d’abord Beryl Koltz et Max Jacoby qui sont vraiment mûrs pour le premier long métrage et d’autres avec énormément de potentiel qui doivent encore évoluer : Olivier Pesch, Fred Neuen (lire page3), Sébastien Tasch, Christian Neuman, etc… Qui dit plus de réalisateurs, dit plus de films. On espère, pour les années à venir, deux à trois longs métrages de réalisateurs luxembourgeois par an, et donc plus de chances d’être sélectionnés à un grand festival».
En attendant leurs éclosions, et pourquoi pas un premier prix cannois, distinction qui manque toujours aux productions luxembourgeoises, le Grand-Duché sera tout de même en force cette année sur la Croisette. Entre producteurs, réalisateurs, journalistes, représentants du Fonds, le ministre des Communications, Jean-Louis Schiltz, «il y aura entre 70 et 80 personnes luxembourgeoises répertoriées à Cannes», note le directeur du Fonspa. Dont 19 sociétés de production. Le stand d’une vingtaine de mètres carrés du Fonspa sert de vitrine nationale dans le marché mais aussi de lieu privilégié de travail pour tous ces professionnels.
Le reste du travail de la délégation luxembourgeoise se fait dans l’ombre des réunions d’instances européennes du cinéma ou de rendez-vous internationaux. «Pour le grand public, c’est-à-dire pour tous les non professionnels du cinéma, Cannes c’est les stars et les films, reconnaît Guy Daleiden, pour les autres, c’est du business : vendre, acheter, nouer des contacts, développer sa société».
Il faut noter à ce sujet que si Cannes est aussi important aujourd’hui c’est autant pour son festival que pour son marché, qui en fait un lieu de rendez-vous incontournable pour tous les professionnels internationaux du milieu du 7e art.

 

source:

De notre journaliste Pablo Chimienti

http://www.le-quotidien.lu

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Le festival de Cannes est né en 1946. Mais sa genèse, elle, date d’avant-guerre, pour faire face à la Mostra de Venise, devenue quasiment un organe de propagande fasciste. Depuis 46, plus rien, à part les brefs accidents de mai 68, n’a stoppé la succès-story de la Croisette et aucun festival ne peut aujourd’hui contester à Cannes le rôle du plus important festival de cinéma du monde.

Le festival de Cannes a 61 ans. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’est jamais montré aussi bien et aussi fort. Cette année, les organisateurs ont reçu 1792 longs métrages et 2233 courts, en provenance de plus de 100 pays. Ils ont sélectionné 57 longs et 26 courts.
Parmi ces 83 films, pas une seule production luxembourgeoise. Pas une seule coproduction non plus. Comme c’est le cas malheureusement depuis l’édition 2005. Une absence que le pavillon luxembourgeois au Village international ne parvient pas à faire oublier.
Les quinze années entre 1989 et 2004 ont pourtant été fastes pour le cinéma grand-ducal à Cannes. Bady Minck est la première à représenter le pays sur la Croisette, en 1989, avec son court métrage L’Homme aux nerfs modernes, présenté à la Semaine de la critique. En 1992, Hochzäisnuecht de Pol Cruchten est sélectionné dans le cadre d’Un certain regard. «Il est le premier réalisateur luxembourgeois à présenter un long métrage à Cannes, explique Guy Daleiden, le directeur du Fonds national de soutien à la production audiovisuelle (Fonspa),et malheureusement, également le dernier» ajoute-t-il.
Ce n’est pas le cas du pays, présent avec au moins un film par an de 1998 à 2004: L’École de la chair produit par Samsa film (1998), 81/2 Woman de Delux Productions (1999), Jaime, (Samsa, 2000), Shadow of the vampire etLa Chambre obscure (Delux 2000); CQ (Delux, 2001), Une part du ciel, produit par Tarantula (lire page 3) en 2002, The Moab Story : the Tulse Luper suitcase (Delux, 2003), Au commencement était le regard et Fast film(Minotaurus Films, 2003) et Calvaire (Tarantula, 2004) ont représenté le Luxembourg au festival. Mais seulement en tant que coproductions.

Vieille garde
 et jeunes espoirs

«On manque de réalisateurs, regrette Guy Daleiden, les quelques réalisateurs connus, la vieille garde : Geneviève Mersch, Andy Bausch, Pol Cruchten et Paul Kieffer, ne produisent pas des longs métrages tous les ans, ils ont fait des films mais n’ont pas eu la chance d’être sélectionnés. Deuxième point, nous ne sommes pas assez connus en tant que pays coproducteur». «Par contre, reprend-il, nous connaissons l’émergence de jeunes réalisateurs depuis quelques années : tout d’abord Beryl Koltz et Max Jacoby qui sont vraiment mûrs pour le premier long métrage et d’autres avec énormément de potentiel qui doivent encore évoluer : Olivier Pesch, Fred Neuen (lire page3), Sébastien Tasch, Christian Neuman, etc… Qui dit plus de réalisateurs, dit plus de films. On espère, pour les années à venir, deux à trois longs métrages de réalisateurs luxembourgeois par an, et donc plus de chances d’être sélectionnés à un grand festival».
En attendant leurs éclosions, et pourquoi pas un premier prix cannois, distinction qui manque toujours aux productions luxembourgeoises, le Grand-Duché sera tout de même en force cette année sur la Croisette. Entre producteurs, réalisateurs, journalistes, représentants du Fonds, le ministre des Communications, Jean-Louis Schiltz, «il y aura entre 70 et 80 personnes luxembourgeoises répertoriées à Cannes», note le directeur du Fonspa. Dont 19 sociétés de production. Le stand d’une vingtaine de mètres carrés du Fonspa sert de vitrine nationale dans le marché mais aussi de lieu privilégié de travail pour tous ces professionnels.
Le reste du travail de la délégation luxembourgeoise se fait dans l’ombre des réunions d’instances européennes du cinéma ou de rendez-vous internationaux. «Pour le grand public, c’est-à-dire pour tous les non professionnels du cinéma, Cannes c’est les stars et les films, reconnaît Guy Daleiden, pour les autres, c’est du business : vendre, acheter, nouer des contacts, développer sa société».
Il faut noter à ce sujet que si Cannes est aussi important aujourd’hui c’est autant pour son festival que pour son marché, qui en fait un lieu de rendez-vous incontournable pour tous les professionnels internationaux du milieu du 7e art.

 

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De notre journaliste Pablo Chimienti

http://www.le-quotidien.lu

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